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AI Act transparence : chatbot, contenu généré par IA et deepfake, que doit faire l’entreprise en 2026 ?

Le 8 mai 2026, la Commission européenne a publié un projet de lignes directrices sur les obligations de transparence de l’AI Act. Le sujet n’est plus théorique. Une entreprise qui utilise un chatbot, un assistant vocal, un générateur de visuels, un outil de rédaction automatique ou une solution de deepfake marketing doit maintenant se poser une question concrète : faut-il dire au client, au prospect, au public ou au partenaire qu’il interagit avec une IA ou qu’il voit un contenu généré par IA ?

La demande Google confirme que le sujet monte. Le Keyword Planner remonte ai act à 4 400 recherches mensuelles en France, avec une concurrence faible et un CPC haut de 5,12 euros. À Paris, la même requête atteint 1 300 recherches mensuelles, toujours avec une concurrence faible. Les requêtes règlement IA, intelligence artificielle entreprise, openai entreprise et ia en entreprise complètent le cluster. Le lecteur ne cherche pas seulement une définition. Il veut savoir quoi afficher, quoi écrire dans ses contrats, quoi demander à son prestataire et quels risques il prend si le système reste invisible.

Le point à comprendre est simple : l’AI Act ne vise pas uniquement les systèmes dits à haut risque. L’article 50 crée aussi des obligations de transparence pour certains usages courants : chatbot, système d’IA qui interagit avec une personne, contenu audio, image, vidéo ou texte généré ou manipulé par IA, hypertrucage, reconnaissance des émotions et catégorisation biométrique. Pour une PME, une agence, un e-commerçant, un éditeur SaaS ou un cabinet de conseil, c’est souvent par cette porte que le risque arrive.

Ce qui change avec les lignes directrices du 8 mai 2026

La Commission européenne a ouvert une consultation sur le projet de lignes directrices relatives aux obligations de transparence de l’article 50. Ce document n’est pas seulement un commentaire académique. Il sert à préciser comment les fournisseurs et les déployeurs doivent appliquer les mentions d’information, le marquage des contenus générés ou manipulés par IA et l’information des personnes exposées.

Pour une entreprise française, l’actualité est donc double. D’un côté, le règlement européen 2024/1689 prévoit une application progressive. De l’autre, l’accord provisoire annoncé le 7 mai 2026 dans le cadre du paquet Digital Omnibus peut modifier certains calendriers, notamment pour les systèmes à haut risque et certains mécanismes de mise en conformité. Il ne faut donc pas confondre tous les sujets : les règles haut risque, les bacs à sable, l’enregistrement et les obligations de transparence ne se traitent pas avec la même date ni le même niveau de contrainte.

La conclusion pratique reste la même : une entreprise qui utilise déjà une IA visible par des clients ou par le public doit cartographier ses usages maintenant. Attendre le dernier texte d’application expose à découvrir trop tard que le site, le chatbot, les contenus marketing, les contrats fournisseurs et les procédures internes ne permettent pas de prouver la conformité.

Chatbot client : faut-il dire que l’interlocuteur est une IA ?

Oui, dans la plupart des cas. L’article 50 vise les systèmes d’IA destinés à interagir directement avec des personnes physiques. Le fournisseur doit concevoir le système de façon que la personne soit informée qu’elle interagit avec une IA, sauf si cela ressort clairement du contexte pour une personne normalement informée et attentive.

En pratique, une entreprise qui installe un chatbot sur son site ne doit pas se contenter d’un prénom rassurant, d’une bulle de discussion ou d’un avatar humain. Elle doit prévoir une mention compréhensible dès le début de l’échange. Par exemple : « Vous échangez avec un assistant virtuel utilisant l’intelligence artificielle. Un conseiller humain peut reprendre la conversation si nécessaire. » La formule exacte dépend du service, mais la logique est celle-ci : la personne doit comprendre la nature de l’interlocuteur avant de s’engager dans l’échange.

Le risque ne se limite pas à l’AI Act. Si le chatbot collecte des données, oriente un choix commercial, répond sur un prix, filtre une réclamation ou qualifie une demande sensible, le RGPD, le droit de la consommation, le droit des contrats et la responsabilité civile peuvent aussi entrer en jeu. Un chatbot qui promet une réponse, refuse une prise en charge ou donne une information erronée peut devenir une pièce dans un litige.

Contenu généré par IA : quand faut-il le marquer ?

L’article 50 prévoit une obligation de marquage pour les fournisseurs de systèmes d’IA, y compris les systèmes à usage général, qui génèrent des contenus de synthèse de type texte, image, audio ou vidéo. Les sorties doivent être marquées dans un format lisible par machine et identifiables comme ayant été générées ou manipulées par une IA, dans les limites de la technique disponible.

Pour l’entreprise utilisatrice, il faut distinguer deux niveaux. Le premier relève du fournisseur de l’outil : le logiciel doit permettre un marquage technique ou une traçabilité. Le second relève du déployeur, c’est-à-dire de l’entreprise qui publie ou utilise le contenu. Si elle diffuse une image, une vidéo, une voix ou un texte généré par IA dans un contexte sensible, elle doit décider quelle mention visible ajouter, qui valide le contenu et où conserver la preuve de la génération ou de la relecture humaine.

Le cas le plus fréquent sera la communication commerciale : visuel de campagne, voix off, vidéo produit, photo retouchée, avatar de démonstration, article d’information, page de présentation, post LinkedIn ou contenu publicitaire. Une simple mention générale dans les conditions d’utilisation ne suffira pas toujours. La mention doit être placée là où le public la voit, au moment utile.

Deepfake, avatar et voix clonée : le risque est plus fort

Les hypertrucages, souvent appelés deepfakes, appellent une vigilance particulière. Une entreprise peut être tentée d’utiliser une voix clonée, un avatar synthétique, une vidéo personnalisée ou une image réaliste pour capter l’attention. Le problème apparaît lorsque le public peut croire qu’une personne réelle parle, approuve un produit, témoigne ou participe à une scène alors que le contenu est généré ou manipulé par IA.

Dans ce cas, l’information doit être claire. Il faut aussi vérifier les droits de la personne représentée, les droits d’auteur, les droits voisins, le droit à l’image, les contrats de mannequin ou d’influence, et les règles publicitaires. L’AI Act ne remplace pas ces règles. Il ajoute une couche de transparence.

Le sujet peut devenir contentieux très vite. Un concurrent peut invoquer une pratique commerciale trompeuse. Un client peut soutenir qu’il a été induit en erreur. Une personne représentée peut agir si son image ou sa voix est exploitée sans autorisation. Un partenaire peut reprocher à l’entreprise d’avoir utilisé un contenu généré par IA en violation d’une clause contractuelle.

Texte généré par IA : la relecture humaine ne règle pas tout

L’article 50 traite aussi des textes publiés pour informer le public sur des questions d’intérêt public. Lorsque le contenu généré par IA a fait l’objet d’un contrôle éditorial humain et qu’une personne assume la responsabilité éditoriale de la publication, l’obligation de signalement peut être écartée dans certains cas.

Il faut manier cette exception avec prudence. Une entreprise qui publie une note juridique, financière, médicale, sociale, immobilière ou réglementaire ne peut pas se contenter de dire qu’un salarié a relu le texte. Il faut pouvoir prouver qui a relu, sur quelle version, avec quel niveau de compétence, quelles sources ont été vérifiées et quelles corrections ont été apportées. La responsabilité éditoriale doit être réelle.

Pour un service marketing, la bonne méthode consiste à créer une procédure simple : identification des contenus produits avec IA, niveau de sensibilité, relecture humaine, validation juridique si le contenu porte sur une règle, une promesse, un prix, une performance, une conformité ou une garantie, puis conservation des éléments de preuve. Cette procédure est moins coûteuse qu’une défense improvisée après réclamation.

Contrats fournisseurs : les clauses à vérifier avant de déployer

Une entreprise qui achète une solution d’IA doit vérifier ses contrats avant de l’installer sur son site ou dans ses services. Le contrat doit préciser le rôle du fournisseur, les fonctions réellement utilisées, les données traitées, les garanties de marquage, la traçabilité des sorties, la gestion des incidents, les limites du service, la sous-traitance, la localisation des données et les conditions de réversibilité.

Il faut aussi prévoir une obligation d’assistance. Si un client conteste une réponse du chatbot, si une autorité demande des informations, si un contenu généré devient litigieux ou si l’entreprise doit prouver qu’une mention était affichée au bon moment, elle aura besoin du fournisseur. Une clause vague sur la conformité à la réglementation applicable ne suffit pas.

Dans les contrats B2B, l’entreprise doit également éviter de prendre seule toute la responsabilité de l’usage final sans disposer des informations techniques nécessaires. Le bon équilibre consiste à imposer au prestataire des garanties documentées, tout en organisant les obligations internes de l’entreprise utilisatrice.

Les preuves à conserver en cas de contrôle ou de litige

La conformité ne se démontre pas par une intention. Elle se démontre par des pièces. Une entreprise doit conserver la liste des systèmes d’IA utilisés, les captures des mentions affichées, les paramètres du chatbot, les versions des scripts, les contrats fournisseurs, les preuves de relecture humaine, les logs utiles, les procédures internes et les décisions prises lors du déploiement.

Pour un chatbot, il faut pouvoir montrer la mention affichée au moment de la première interaction. Pour une vidéo ou une image générée par IA, il faut conserver la version publiée, la mention visible, les métadonnées disponibles et l’autorisation des personnes représentées si elles sont identifiables. Pour un texte d’information, il faut garder les sources, la version relue et l’identité du responsable éditorial.

Ces preuves ont aussi un intérêt commercial. Elles permettent de répondre à un client inquiet, à un assureur cyber, à un partenaire contractuel ou à un acheteur public qui demande des garanties sur l’utilisation de l’IA.

Paris et Île-de-France : pourquoi l’angle contentieux est concret

À Paris et en Île-de-France, beaucoup d’entreprises déploient déjà des outils d’IA dans la relation client, le marketing, le SaaS, la formation, le conseil, l’immobilier, la finance, le recrutement et les plateformes. Le risque n’est pas seulement réglementaire. Il peut apparaître dans un litige commercial, une mise en demeure de client, une contestation de prestation, une action en concurrence déloyale ou une réclamation liée aux données personnelles.

Le premier réflexe consiste à faire un audit court des usages visibles par des tiers : site internet, espace client, CRM, support, prospection, contenus publics, vidéos, avatars, générateurs de devis ou de recommandations. Le second consiste à classer ces usages par risque : simple assistance interne, interaction directe avec une personne, contenu généré publié, décision automatisée, données personnelles, secteur réglementé. Le troisième consiste à corriger les mentions et les contrats avant que l’usage ne devienne massif.

Pour une entreprise déjà exposée à une réclamation, il faut agir autrement : figer les preuves, récupérer les logs, vérifier les messages réellement affichés, relire le contrat fournisseur, identifier la personne responsable de la publication et préparer une réponse écrite. Une réponse approximative peut créer plus de risques que le défaut initial.

Les cinq actions à lancer maintenant

La première action consiste à dresser l’inventaire des outils d’IA utilisés par l’entreprise, y compris les outils achetés par les équipes sans validation juridique centrale.

La deuxième consiste à repérer les usages visibles par une personne extérieure : chatbot, assistant vocal, contenu généré, image retouchée, avatar, vidéo, texte public, scoring ou recommandation.

La troisième consiste à rédiger des mentions courtes, lisibles et placées au bon moment. La mention doit être compréhensible sans lire dix pages de conditions générales.

La quatrième consiste à vérifier les contrats fournisseurs. Le prestataire doit fournir les informations techniques permettant de respecter l’article 50, d’expliquer le service et de répondre en cas de contestation.

La cinquième consiste à créer un dossier de preuve. Une entreprise qui peut produire ses captures, ses contrats, ses validations et ses procédures est dans une position beaucoup plus solide qu’une entreprise qui découvre le sujet après la mise en demeure.

Sources officielles utiles

La Commission européenne a publié le 8 mai 2026 une consultation sur les lignes directrices relatives aux obligations de transparence de l’AI Act : consultation de la Commission européenne.

Le texte de l’article 50 est consultable sur l’outil officiel AI Act Service Desk de la Commission : article 50 sur les obligations de transparence.

Le Conseil de l’Union européenne a annoncé le 7 mai 2026 un accord provisoire sur la simplification de certaines règles liées à l’IA : communiqué du Conseil de l’Union européenne.

Pour replacer ce sujet dans une cartographie plus large, vous pouvez aussi consulter notre article sur les obligations AI Act des entreprises avant 2026, notre article sur ChatGPT en entreprise, données confidentielles et secret des affaires, ainsi que notre page dédiée au droit des affaires.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous utilisez un chatbot, un générateur de contenu, une voix clonée, un avatar, un outil de rédaction ou une solution d’IA dans votre relation client, vos contrats ou votre communication.

Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour qualifier les obligations de transparence, les clauses à corriger et les preuves à conserver.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

À Paris et en Île-de-France, l’analyse peut porter sur vos contrats fournisseurs, vos mentions clients, vos contenus publics, votre politique IA interne et votre stratégie de réponse en cas de mise en demeure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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