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Offre d’achat acceptée mais pas de compromis : peut-on se rétracter ?

Le sujet revient fortement dans les recherches en ce moment : l’acheteur signe une offre, le vendeur répond « bon pour accord », puis l’un des deux veut se retirer avant le compromis. Les requêtes Google Ads sont très explicites : « rétractation offre d’achat avant compromis », « offre acceptée mais pas de compromis », « annuler offre d’achat avant compromis ». Elles traduisent une inquiétude concrète, souvent au moment où le notaire commence seulement à préparer l’avant-contrat.

La réponse courte est la suivante : tant que l’offre n’a pas été acceptée, elle peut en principe être retirée selon les règles du Code civil. Après acceptation claire, le risque change. Une offre précise, ferme et acceptée peut engager les parties, même si aucun compromis n’a encore été signé. Mais tout dépend du contenu exact de l’offre, des réserves prévues, du mode d’acceptation, des conditions suspensives et des preuves disponibles.

Il ne faut donc pas confondre trois moments : l’offre d’achat avant acceptation, l’offre acceptée mais sans compromis, puis le compromis ou la promesse de vente signé. Le délai légal de rétractation de 10 jours de l’acquéreur non professionnel joue après notification de l’avant-contrat, pas comme un délai automatique attaché à n’importe quelle offre d’achat.

Offre d’achat : ce qui engage vraiment

Une offre d’achat immobilière n’est pas une simple conversation si elle est rédigée de manière ferme. L’article 1114 du Code civil prévoit que l’offre comprend les éléments essentiels du contrat envisagé et exprime la volonté de son auteur d’être lié en cas d’acceptation. À défaut, il s’agit seulement d’une invitation à négocier.

En pratique, les éléments essentiels sont au minimum le bien, le prix, l’identité des parties, la durée de validité de l’offre et les conditions importantes : financement, vente d’un autre bien, obtention d’une autorisation d’urbanisme, diagnostics, calendrier, dépôt de garantie à venir chez le notaire.

Service-Public rappelle que l’offre d’achat prend généralement la forme d’une lettre ou d’un courriel, et qu’elle doit être ferme si l’acheteur veut proposer d’acheter le bien en cas d’acceptation du vendeur. La fiche officielle précise aussi que l’offre peut mentionner une condition suspensive d’obtention de crédit immobilier, un plan de financement, ou une condition liée à une autorisation d’urbanisme : Service-Public, offre d’achat d’un bien immobilier.

Le point décisif est donc le suivant : une offre vague, « sous réserve de validation », « sous réserve de compromis », ou dépendante d’un accord bancaire non formulé clairement, ne produit pas le même effet qu’une offre ferme et complète au prix, acceptée sans réserve.

Peut-on retirer son offre avant acceptation ?

Avant que le vendeur ait reçu ou accepté l’offre, l’acheteur a davantage de marge. L’article 1113 du Code civil indique que le contrat se forme par la rencontre d’une offre et d’une acceptation. Tant que cette rencontre n’est pas établie, il faut raisonner sur la révocation de l’offre.

L’article 1116 du Code civil est important : l’offre ne peut pas être rétractée avant l’expiration du délai fixé par son auteur ou, à défaut, avant l’issue d’un délai raisonnable. Si l’acheteur retire son offre en violation de cette règle, cela empêche la conclusion du contrat, mais peut engager sa responsabilité extracontractuelle dans les conditions du droit commun.

Concrètement, si l’offre disait « valable jusqu’au 20 mai à 18 h », l’acheteur prend un risque en la retirant le 18 mai si le vendeur pouvait encore l’accepter. Si l’offre ne fixait aucun délai, le litige portera sur le délai raisonnable laissé au vendeur. Plus le bien est important, plus les échanges sont avancés, plus l’offre est détaillée, plus la prudence s’impose.

Le bon réflexe consiste à écrire immédiatement, par courriel confirmé ou lettre recommandée, avant toute acceptation, en indiquant que l’offre est retirée. Il faut conserver la preuve de l’heure d’envoi, de la réception, et de l’absence d’acceptation antérieure.

Offre acceptée mais pas de compromis : le risque principal

La difficulté naît lorsque le vendeur a accepté l’offre : signature avec la mention « bon pour accord », courriel clair de l’agent immobilier, message du vendeur, contreseing électronique, ou échange non équivoque.

L’article 1118 du Code civil définit l’acceptation comme la manifestation de volonté d’être lié dans les termes de l’offre. Si l’acceptation est conforme, le débat devient beaucoup plus sérieux.

En matière de vente, l’article 1583 du Code civil prévoit que la vente est parfaite entre les parties dès accord sur la chose et le prix, même si le bien n’a pas encore été livré et si le prix n’a pas encore été payé. Cette règle explique pourquoi une offre d’achat acceptée peut parfois suffire à engager la vente, au moins à ouvrir un contentieux sérieux.

Voyage a notamment remonté un arrêt récent de la cour d’appel de Nîmes du 11 décembre 2025 : la cour retient que la vente était devenue parfaite lorsque les parties étaient tombées d’accord sur la chose et le prix, et que les demandes postérieures de modification n’avaient pas pu anéantir rétroactivement la vente. La décision illustre le risque d’une offre acceptée, même avant signature du compromis : CA Nîmes, 11 décembre 2025, n° 24/01208.

Il ne faut pas en déduire que toute offre acceptée vaut automatiquement vente dans tous les dossiers. Il faut lire le document. Une offre peut prévoir qu’elle n’engage les parties qu’à la signature du compromis. Elle peut être subordonnée à une condition suspensive. Elle peut être incomplète. Elle peut avoir été acceptée avec réserves, ce qui peut constituer une contre-proposition plutôt qu’une acceptation pure et simple.

L’acheteur peut-il se rétracter avant le compromis ?

La réponse dépend de la chronologie.

Si l’offre n’a pas été acceptée, l’acheteur doit notifier le retrait le plus vite possible, avant acceptation. Si l’offre a été acceptée, il ne faut pas écrire comme si la sortie était automatique. Il faut d’abord vérifier si l’offre était ferme, si elle contenait les éléments essentiels, si elle prévoyait une condition, et si l’acceptation est conforme.

L’acheteur dispose souvent d’arguments pratiques : financement non obtenu, offre faite sous réserve d’un prêt, absence de pièces essentielles, découverte d’un problème sur le bien, diagnostic non communiqué, condition d’urbanisme, ou volonté commune de ne s’engager qu’au compromis. Mais ces arguments doivent être rattachés à des écrits. Un simple changement d’avis n’a pas la même force qu’une condition clairement prévue.

Le piège est de penser que le délai de 10 jours permet toujours de sortir dès l’offre. Ce délai, prévu par l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation, concerne l’acte ayant pour objet l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation, notamment le compromis ou la promesse, notifié à l’acquéreur non professionnel. Il ne dispense pas d’analyser l’effet de l’offre acceptée.

En pratique, lorsque l’acheteur veut sortir avant compromis, la stratégie consiste souvent à négocier un écrit de renonciation amiable, à rappeler les réserves prévues dans l’offre, et à éviter toute formule maladroite du type « je romps l’accord » sans justification.

Le vendeur peut-il se rétracter après avoir accepté l’offre ?

Le vendeur n’a pas le même filet de sécurité que l’acquéreur non professionnel après compromis. Service-Public indique clairement que le droit de rétractation ne s’applique pas au vendeur et que, lorsqu’il accepte l’offre d’achat, il s’engage à céder le bien à l’acheteur.

Là encore, tout dépend du document. Si le vendeur a seulement accusé réception, demandé des précisions, ou formulé une contre-proposition, il n’a pas forcément accepté. Mais s’il a signé « bon pour accord » une offre claire sur le bien et le prix, le refus de poursuivre peut exposer à une demande de dommages et intérêts, voire à une demande d’exécution forcée selon les circonstances.

Le vendeur doit donc éviter les acceptations rapides par SMS ou courriel ambigu. S’il veut garder une marge de manoeuvre, il faut le prévoir avant : acceptation sous réserve de signature d’un compromis, sous réserve de vérification notariale, sous réserve d’accord de tous les indivisaires, sous réserve de purge d’un droit de préemption, ou sous réserve d’un point technique identifié.

Après le compromis : le vrai délai de 10 jours

Une fois le compromis ou la promesse signé, l’acquéreur non professionnel d’un logement bénéficie en principe d’un délai de rétractation de 10 jours. L’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation prévoit que le délai court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l’acte, ou selon un mode présentant des garanties équivalentes.

La Cour de cassation a précisé le calcul du délai dans un arrêt publié au Bulletin du 19 décembre 2024 : les règles de l’article L. 271-1 et de l’article 641 du Code de procédure civile expriment la même logique de décompte et ne se cumulent pas. Source : Cass. 3e civ., 19 décembre 2024, n° 23-12.652.

Ce délai de 10 jours permet à l’acheteur de renoncer sans motif et sans pénalité, à condition de respecter les formes prévues. Il ne doit pas être utilisé à la légère : il faut envoyer la rétractation dans les délais, par le mode prévu, avec une preuve certaine, et idéalement informer aussi le notaire.

Après expiration du délai de 10 jours, le dossier change encore de nature. La sortie dépend alors des conditions suspensives, d’un accord amiable, d’un vice du consentement, d’une faute d’information, d’une clause du compromis, ou d’un contentieux sur le dépôt de garantie. Sur ce point, voir notre analyse dédiée : annuler un compromis de vente après 10 jours.

Les pièces à réunir avant d’écrire

Avant d’envoyer une rétractation, une mise en demeure ou une réponse au notaire, il faut rassembler les preuves. Les pièces utiles sont généralement :

  • l’offre d’achat signée ou envoyée ;
  • les courriels, SMS et messages de l’agent immobilier ;
  • la preuve de réception de l’offre par le vendeur ;
  • la réponse du vendeur, avec l’heure et le support ;
  • les éventuelles contre-propositions ;
  • les réserves ou conditions mentionnées dans l’offre ;
  • le plan de financement et les échanges bancaires ;
  • les diagnostics ou documents découverts après l’offre ;
  • le projet de compromis, s’il existe déjà ;
  • les échanges du notaire.

Cette chronologie permet de répondre à la vraie question : sommes-nous encore dans une négociation, dans une offre révocable, dans une offre acceptée qui peut engager, ou déjà dans un avant-contrat ouvrant le délai de 10 jours ?

Paris et Île-de-France : pourquoi le risque est plus fort

À Paris et en Île-de-France, les offres sont souvent signées vite, sous pression concurrentielle, parfois après une visite unique. Les prix élevés rendent le risque financier important : perte d’opportunité pour le vendeur, frais bancaires pour l’acheteur, commission d’agence contestée, blocage du calendrier de vente, ou discussion sur un séquestre à venir.

Le réflexe local doit être plus rigoureux. Pour un appartement parisien, il faut vérifier immédiatement la copropriété, le pré-état daté, le DPE, l’audit énergétique si nécessaire, les travaux votés, la destination du lot, les procédures en cours, le financement et la capacité à signer dans les délais. Si l’offre a été acceptée trop vite, la sortie doit être traitée comme un mini-contentieux de preuve, pas comme un simple message de désistement.

Le cabinet peut intervenir avant compromis pour relire l’offre, qualifier le risque, rédiger un courrier de retrait ou de réserve, et éviter une formulation qui aggrave inutilement la position du client.

Pour replacer cette analyse dans le cadre plus large de la vente immobilière, voir aussi notre page dédiée à l’avocat compromis de vente immobilier à Paris.

Que faire maintenant ?

Si vous êtes acheteur et que le vendeur n’a pas encore accepté, retirez l’offre par écrit immédiatement et conservez la preuve de réception. Si l’offre est déjà acceptée, ne supposez pas que vous pouvez sortir sans risque : faites relire l’offre, les réserves et les échanges avant d’écrire.

Si vous êtes vendeur et que vous avez accepté une offre, ne reprenez pas les visites et ne signez pas une autre offre sans analyse. Un refus brutal peut ouvrir un contentieux. Si vous estimez que l’offre n’était pas ferme, qu’elle était conditionnelle, ou que l’acheteur a modifié ses conditions, il faut le démontrer par pièces.

Dans les deux cas, le meilleur document est souvent un accord écrit de renonciation amiable, signé par les parties, qui met fin à la discussion sans reconnaissance de faute. À défaut, il faut préparer le dossier comme si le différend pouvait aller devant le tribunal judiciaire.

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Pour vérifier une offre d’achat acceptée, une rétractation avant compromis, une condition suspensive ou un risque de refus de vente, contactez le cabinet au 06 46 60 58 22.

Vous pouvez aussi transmettre les pièces via le formulaire de contact. Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France en droit immobilier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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