Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Maison squattée : que faire en 2026 pour récupérer le logement sans se mettre en faute ?

Les contenus récents sur le squat immobilier se multiplient depuis le printemps 2026, souvent avec des titres très alarmistes autour de la « loi anti-squat 2026 », de la maison squattée et de l’expulsion en 48 heures. Le sujet attire parce qu’il touche une peur très concrète : découvrir qu’une résidence principale, une résidence secondaire, un logement vacant ou un appartement en travaux est occupé par des personnes entrées sans droit.

La demande Google le confirme. Les requêtes « loi anti squat 2026 », « maison squattée que faire » et « procédure expulsion squatteur » concentrent une intention de crise : le propriétaire ou le locataire veut savoir quoi faire tout de suite, quels documents réunir, qui appeler, et surtout ce qu’il ne doit pas faire lui-même. Le bon réflexe n’est pas de changer la serrure, couper l’eau ou entrer par la force. Le bon réflexe est de constituer un dossier exploitable pour la police, le commissaire de justice, le préfet ou le juge.

Le cadre applicable repose principalement sur la procédure d’évacuation administrative prévue par l’article 38 de la loi DALO, dans sa version renforcée par la loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite. Les fiches Service-Public et Justice.fr rappellent la même logique : un squat se traite par une plainte, une preuve du droit sur le logement, un constat d’occupation illicite, puis une demande d’évacuation forcée ou, si cette voie n’aboutit pas, une procédure judiciaire.

Maison squattée : la première question est de qualifier l’occupation

Tous les occupants sans titre ne sont pas des squatteurs au sens juridique. C’est le premier piège du dossier. Un squatteur est entré dans le logement par effraction, manoeuvre, menace ou contrainte, puis l’occupe sans autorisation. À l’inverse, un locataire qui reste après la fin du bail, une personne hébergée qui refuse de partir, un sous-locataire indélicat ou un voyageur Airbnb qui ne restitue pas les clés ne relèvent pas automatiquement de la même procédure.

Cette distinction change tout. Si l’occupant est réellement un squatteur, la procédure administrative auprès du préfet peut être envisagée. Si l’occupant est entré régulièrement puis se maintient abusivement, le dossier bascule souvent vers une procédure d’expulsion classique devant le juge. Tenter de faire passer un litige locatif pour un squat peut faire perdre du temps et fragiliser la demande.

En pratique, il faut répondre à quatre questions dès les premières heures :

  • comment les occupants sont-ils entrés dans le logement ?
  • existe-t-il un bail, une convention, une réservation ou une autorisation initiale ?
  • le logement est-il une résidence principale, une résidence secondaire ou un local à usage d’habitation ?
  • quelles preuves permettent de montrer que le demandeur est propriétaire, locataire ou titulaire d’un droit d’occupation ?

Si ces points ne sont pas clairs, il faut les éclaircir avant d’envoyer une demande au préfet. Une procédure rapide mal préparée peut aboutir à un refus motivé, puis obliger à recommencer par la voie judiciaire.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire soi-même

Le réflexe émotionnel est compréhensible : reprendre les clés, changer la serrure, bloquer l’accès, vider les affaires, couper l’électricité ou faire intervenir des proches. C’est précisément ce qui expose le propriétaire ou le locataire à un risque pénal et civil. Le droit protège le logement, mais il ne permet pas de se faire justice soi-même.

La stratégie doit donc être froide et documentée. Il faut éviter :

  • l’entrée forcée dans le logement occupé ;
  • les menaces directes ou messages agressifs ;
  • la coupure volontaire d’eau, d’électricité ou de chauffage ;
  • l’enlèvement des affaires des occupants ;
  • la pression exercée par des tiers non habilités ;
  • la publication d’images identifiantes sur les réseaux sociaux.

Ces erreurs peuvent retourner le dossier contre la victime du squat. Elles peuvent aussi donner aux occupants un argument pour contester l’évacuation, déposer plainte ou réclamer une indemnisation. Le propriétaire a intérêt à rester dans une logique probatoire : plainte, constat, pièces de propriété, photos prises depuis l’extérieur si possible, témoignages de voisins et saisine des autorités compétentes.

Procédure accélérée : les trois pièces qui font avancer le dossier

La procédure administrative suppose un dossier complet. La personne concernée doit d’abord déposer plainte pour violation de domicile ou occupation illicite, selon les faits. Elle doit ensuite prouver son droit sur le logement : titre de propriété, attestation notariale, taxe foncière, bail, quittances, factures, assurance habitation ou tout document cohérent avec l’occupation normale du bien.

Troisième étape : faire constater l’occupation illicite. Le constat peut être réalisé par un officier de police judiciaire, par le maire ou par un commissaire de justice. En pratique, le commissaire de justice joue souvent un rôle central lorsque la situation doit être objectivée rapidement : traces d’effraction, changement de serrure, présence d’occupants, boîtes aux lettres, témoignages voisins, affichages, photographies et difficultés d’accès.

Le dossier à transmettre au préfet doit idéalement contenir :

  • copie de la plainte ;
  • titre de propriété, bail ou preuve du droit d’occupation ;
  • constat d’occupation illicite ;
  • photos datées ou attestations de voisins ;
  • éléments montrant l’absence d’autorisation donnée aux occupants ;
  • coordonnées du demandeur et du bien ;
  • demande claire de mise en demeure puis d’évacuation forcée.

Lorsque le propriétaire n’a plus accès à ses titres parce que le logement est occupé, l’article 38 prévoit une vérification auprès de l’administration fiscale dans un délai court. Cela ne dispense pas de préparer tout ce qui est disponible : copie numérique de l’acte, relevé de taxe foncière, attestation du notaire ou échange avec le syndic.

Le préfet peut-il refuser l’évacuation ?

Oui. Le préfet n’est pas un simple guichet automatique. Il doit vérifier les conditions de la procédure et tenir compte de la situation personnelle et familiale des occupants. L’article 38 encadre ce contrôle : le refus peut tenir à l’absence d’une condition légale ou à un motif impérieux d’intérêt général.

C’est ici que beaucoup de dossiers se compliquent. Un propriétaire peut avoir raison sur le fond, mais présenter un dossier insuffisant : pas de preuve claire de l’introduction illicite, confusion avec un ancien locataire, absence de constat précis, bien qui n’est pas caractérisé comme logement, ou occupants qui produisent un document présenté comme un bail. Dans ces situations, l’administration peut refuser ou demander des compléments.

Un refus n’est pas nécessairement la fin du dossier. Il faut l’analyser immédiatement :

  • le refus porte-t-il sur une pièce manquante ?
  • l’administration conteste-t-elle la qualification de squat ?
  • existe-t-il un motif lié à la vulnérabilité des occupants ?
  • faut-il saisir le juge administratif contre le refus ?
  • faut-il basculer vers le juge des contentieux de la protection ?

Le point important est de ne pas rester immobile après un refus. Si l’urgence demeure, il faut choisir vite entre compléter la demande préfectorale, contester le refus ou saisir le juge judiciaire.

Combien de temps pour expulser un squatteur ?

Les délais annoncés en ligne sont parfois trop optimistes. La procédure peut être rapide lorsque les faits sont nets, les pièces complètes et l’occupation manifestement illicite. Le préfet doit statuer rapidement sur la demande. La mise en demeure laisse ensuite un délai minimal d’exécution : au moins 24 heures lorsque le local constitue le domicile du demandeur, et 7 jours minimum dans les autres cas visés par le texte.

Mais le délai réel dépend du terrain. Un dossier simple peut avancer en quelques jours. Un dossier contesté peut prendre plusieurs semaines, voire basculer vers une procédure judiciaire. Les causes de ralentissement sont connues : faux bail, impossibilité d’identifier les occupants, local mixte ou commercial, propriétaire absent, preuve incomplète, contestation administrative, intervention sociale ou difficulté de concours de la force publique.

La trêve hivernale ne protège pas les squatteurs au même titre qu’un locataire en difficulté. C’est un point important, car beaucoup de propriétaires croient devoir attendre le 31 mars. En matière de squat, le problème n’est généralement pas la trêve hivernale, mais la qualification juridique et la qualité du dossier.

Pour une analyse plus large des litiges de départ forcé d’un occupant, vous pouvez consulter notre page sur l’avocat expulsion Paris.

Si la voie préfectorale échoue : saisir le juge

Lorsque la procédure administrative ne peut pas être utilisée ou qu’elle échoue, le propriétaire doit envisager la voie judiciaire. L’avocat saisit alors le juge compétent, souvent en référé lorsque l’urgence et le trouble sont caractérisés. L’objectif est d’obtenir une décision d’expulsion, puis de la faire signifier par commissaire de justice.

La voie judiciaire est aussi nécessaire lorsque les occupants prétendent être locataires, lorsque l’entrée illicite n’est pas assez établie, lorsque le local n’entre pas clairement dans le champ de la procédure administrative, ou lorsque le préfet refuse d’intervenir. Elle permet de traiter des demandes complémentaires : indemnité d’occupation, dégradations, frais de procédure, dommages et intérêts, restitution des clés, remise en état ou responsabilité d’un intermédiaire ayant fourni de faux documents.

Le dossier judiciaire doit être plus complet qu’une simple plainte. Il faut réunir les pièces de propriété, l’historique du bien, les photos, le constat, les échanges avec la police ou la préfecture, les devis de remise en état, les attestations de voisins, les preuves de pertes de loyers et les documents d’assurance. Plus le dossier est précis, plus la demande peut être ciblée.

Locataire dont le logement est squatté : que faire ?

Le locataire peut aussi être victime d’un squat. Il a la jouissance du logement pendant le bail et ne doit pas être laissé seul face à l’occupation. Il doit prévenir immédiatement le propriétaire ou l’agence, déposer plainte, conserver son bail, ses quittances, ses factures et tout élément montrant qu’il occupe normalement le logement.

La question du loyer doit être traitée à part. Le bail continue en principe, mais une occupation par des tiers peut rendre la jouissance impossible. Il faut donc écrire au bailleur, demander son intervention, documenter la perte de jouissance et, si nécessaire, négocier une suspension, une réduction ou une consignation juridiquement sécurisée. Le locataire ne doit pas décider seul d’arrêter tout paiement sans stratégie, car cela peut créer un second contentieux.

Si le propriétaire reste inactif, le locataire doit conserver les preuves de ses alertes : courriels, lettres recommandées, dépôt de plainte, main courante éventuelle, échanges avec l’agence, constat et justificatifs d’hébergement temporaire. Le sujet peut devenir un litige locatif en plus du dossier d’occupation illicite.

Paris et Île-de-France : les points pratiques à anticiper

À Paris et en Île-de-France, les situations de squat se rencontrent souvent dans des logements vacants entre deux locations, des appartements en travaux, des successions, des résidences secondaires urbaines, des biens mis en vente, des lots de copropriété ou des immeubles suivis par une agence. La rapidité compte, mais l’organisation compte davantage.

Le premier point est d’identifier le bon interlocuteur : commissariat ou gendarmerie selon la commune, commissaire de justice compétent, préfecture du département, syndic si l’immeuble est en copropriété, assureur habitation, agence immobilière et notaire si le bien est en vente. En Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne ou les Yvelines, la coordination des acteurs peut être déterminante.

Le second point est la preuve d’accès. En copropriété, les badges, boîtes aux lettres, parties communes, caméras de l’immeuble, témoignages du gardien, messages au syndic et interventions de serrure peuvent devenir utiles. Il faut agir vite pour préserver ces éléments avant qu’ils disparaissent.

Le troisième point est le risque financier. Un logement squatté peut bloquer une vente, retarder une livraison de travaux, empêcher une relocation, créer des charges de copropriété non compensées par un loyer et provoquer des dégradations. Le dossier doit donc chiffrer les pertes : loyers manqués, frais de serrurier, constat, sécurité, remise en état, relogement temporaire du locataire et honoraires.

Pour replacer ce type de crise dans une stratégie contentieuse plus large, le cabinet présente aussi ses interventions en droit immobilier à Paris.

Les documents à préparer avant de consulter

Une consultation utile ne se limite pas à raconter que le logement est squatté. Il faut arriver avec un dossier exploitable. Les pièces les plus utiles sont :

  • acte de propriété, attestation notariale ou bail ;
  • taxe foncière, quittances, factures ou assurance habitation ;
  • dépôt de plainte et récépissé ;
  • constat de commissaire de justice, d’officier de police judiciaire ou de mairie ;
  • photos extérieures, traces d’effraction et éléments de serrurerie ;
  • attestations de voisins, gardien, syndic ou agence ;
  • échanges avec la police, la préfecture et l’assurance ;
  • éventuel faux bail, courrier ou message produit par les occupants ;
  • devis de remise en état ou estimation des dégradations ;
  • promesse de vente, bail prévu ou devis de travaux si le squat bloque un projet.

Il faut aussi noter toutes les dates : découverte du squat, dépôt de plainte, passage du commissaire de justice, demande au préfet, réponse ou silence de l’administration, affichage de mise en demeure, tentative de contact avec les occupants, échéance de vente ou de relocation. Dans un dossier d’urgence, la chronologie évite les approximations.

Sources officielles et delta par rapport aux contenus concurrents

Le socle officiel est la fiche Service-Public sur le logement squatté, la page Justice.fr consacrée aux victimes de squat ou d’occupation illégale, l’article 38 de la loi DALO sur Légifrance, et la loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite. Ces textes cadrent les étapes : plainte, preuve du droit, constat, saisine du préfet, mise en demeure, évacuation forcée ou procédure judiciaire.

L’analyse concurrentielle du run a relevé trois angles déjà présents dans les résultats français : une fiche officielle très utile mais peu stratégique, un article orienté investisseur qui insiste surtout sur la rapidité de la loi anti-squat, et un article centré sur le locataire victime. Le manque principal est opérationnel : distinguer précisément squat et maintien abusif, préparer le dossier préfectoral, anticiper le refus, organiser la preuve en copropriété et chiffrer les pertes. C’est le delta de cet article.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Le cabinet peut analyser votre plainte, le constat, la réponse de la préfecture ou la stratégie judiciaire à engager.
Une consultation téléphonique peut être organisée sous 48 heures avec un avocat du cabinet.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

À Paris et en Île-de-France, l’urgence est souvent de sécuriser les preuves avant que le dossier ne bascule vers une procédure plus longue.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture