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Frais bancaires compte pro 2026 : clôture gratuite, relevé annuel TPE et recours contre la banque

La loi de simplification de la vie économique a été définitivement adoptée le 15 avril 2026. Dans les mesures les plus visibles, on parle beaucoup des baux commerciaux, de la facture électronique ou des marchés publics. Mais une autre mesure peut toucher immédiatement les indépendants, commerçants, artisans, TPE et petites sociétés : les frais bancaires de compte professionnel.

Le sujet est moins spectaculaire qu’une sanction fiscale ou qu’une liquidation judiciaire. Il est pourtant très concret. Un dirigeant veut fermer un compte pro devenu trop cher. La banque facture des frais de clôture. Un micro-entrepreneur ne comprend pas ses commissions mensuelles. Une TPE découvre des frais de mouvement, des frais d’accès en ligne, des commissions carte ou des frais liés au découvert sans vision annuelle lisible. Une société change de banque, mais se retrouve avec des opérations encore présentées sur l’ancien compte.

La réforme répond à cette difficulté. Le ministère de l’Économie indique que le texte garantit la gratuité de la clôture des comptes professionnels, impose aux banques l’envoi annuel gratuit d’un relevé de frais aux TPE et prévoit l’harmonisation des grilles tarifaires bancaires au 1er janvier 2027. Source officielle : economie.gouv.fr, loi de simplification de la vie économique.

L’enjeu pratique est simple : si la banque facture une clôture de compte professionnel, refuse de fournir une information claire ou laisse une entreprise sans traçabilité des frais prélevés, le dirigeant doit savoir quoi demander, quelles pièces réunir et comment contester.

Ce qui change pour un compte bancaire professionnel

Au 29 avril 2026, deux idées doivent être distinguées.

La première concerne la clôture du compte. Le Code monétaire et financier prévoit déjà que la clôture de tout compte de dépôt ou compte sur livret est gratuite. Source : article L312-1-7 du Code monétaire et financier sur Légifrance.

La difficulté venait de la pratique. Certains professionnels se voyaient encore facturer des frais lors de la fermeture d’un compte professionnel. La loi de simplification vient lever l’ambiguïté pour les comptes professionnels, notamment ceux détenus par des entreprises, sociétés, commerçants, artisans ou professionnels libéraux.

La deuxième concerne le relevé annuel de frais. Les particuliers et les associations bénéficient déjà d’un document récapitulant les frais prélevés au titre des services liés au compte. Le texte étend cette logique aux TPE. L’objectif n’est pas seulement informatif. Il permet au dirigeant de comparer les établissements, de négocier, de détecter des frais anormaux et de préparer une contestation.

Le Gouvernement résume la mesure ainsi : les TPE bénéficient d’un relevé annuel gratuit des frais bancaires et la clôture des comptes professionnels est gratuite. Source officielle : info.gouv.fr, ce qui change pour les entreprises.

Qui est concerné : micro-entrepreneur, TPE, PME, société ?

La mesure de gratuité de la clôture concerne les comptes professionnels. Elle vise donc les entreprises qui détiennent un compte bancaire lié à leur activité : société commerciale, entreprise individuelle, micro-entrepreneur, commerçant, artisan, profession libérale, association professionnelle selon les cas.

Le relevé annuel gratuit est plus ciblé. Les communications officielles visent les TPE. En pratique, il faut raisonner à partir des critères de très petite entreprise : moins de 10 salariés et chiffre d’affaires annuel ou total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. Une micro-entreprise entre donc souvent dans ce périmètre, mais il faut vérifier la situation réelle.

Une PME plus structurée peut ne pas bénéficier exactement du même droit au relevé annuel gratuit, mais elle conserve un intérêt à demander un détail des frais et à contester une facturation non prévue par la convention de compte, une modification tarifaire mal notifiée ou une clôture facturée alors que l’opération de clôture ne devrait pas l’être.

Le point à retenir est le suivant : il ne faut pas confondre compte dédié, compte professionnel et compte de dépôt. Un micro-entrepreneur peut parfois disposer d’un compte dédié à son activité sans avoir souscrit une offre « pro » très coûteuse. À l’inverse, une société aura presque toujours une relation bancaire professionnelle avec une convention, des moyens de paiement, des services en ligne, des flux fournisseurs et clients.

Frais de clôture : ce que la banque peut encore facturer

La gratuité de la clôture ne signifie pas que toute somme prélevée autour de la fermeture devient automatiquement illégale.

Il faut distinguer l’acte de clôture et les sommes dues au titre d’engagements antérieurs.

L’acte de clôture du compte ne doit pas donner lieu à des frais de fermeture. Si la banque libelle une ligne « frais de clôture compte professionnel », « frais de fermeture compte pro » ou « frais arrêt compte » sans autre justification, la contestation est sérieuse.

En revanche, certaines sommes peuvent rester dues si elles correspondent à des opérations antérieures : intérêts débiteurs, commissions déjà acquises, frais liés à des chèques émis avant la clôture, effets de commerce impayés, incidents nés avant la fermeture, frais de services effectivement fournis avant la date de clôture.

La discussion porte donc souvent sur la qualification de la ligne facturée. Une banque peut tenter de présenter comme frais de traitement, de transfert, de dossier ou de clôture une somme qui correspond en réalité à la fermeture du compte. Le dirigeant doit demander le fondement contractuel exact de chaque ligne.

Relevé annuel de frais bancaires TPE : à quoi sert-il vraiment ?

Le relevé annuel n’est pas un document administratif de plus. C’est une pièce utile.

Il permet d’identifier le coût total du compte sur une année civile. Beaucoup de TPE regardent les frais mois par mois, sans totaliser les commissions de mouvement, les frais de tenue de compte, les cotisations de carte, les abonnements de banque en ligne, les virements, les prélèvements, les frais d’encaissement carte, les frais d’incident et les agios.

Le relevé annuel permet aussi de comparer deux banques. Une offre qui paraît moins chère sur l’abonnement peut devenir plus coûteuse si les virements, l’encaissement carte, les incidents ou les opérations internationales sont facturés plus lourdement.

Il permet enfin de préparer une contestation. Si la banque prélève un frais qui ne figure pas dans la convention, qui n’a pas été correctement porté à la connaissance du client, ou qui ne correspond pas au service rendu, le relevé annuel donne une base de calcul. Sans total annuel, l’entreprise sous-estime souvent le montant réellement prélevé.

Pour une TPE fragile, quelques centaines ou milliers d’euros de frais bancaires peuvent peser sur la trésorerie. Le sujet doit alors être rapproché des autres risques de l’entreprise : retards de paiement clients, dettes fiscales ou sociales, découvert, caution du dirigeant, refus de concours bancaire.

Comment contester des frais bancaires de compte pro

La contestation doit être préparée froidement.

Première étape : récupérer la convention de compte, les conditions tarifaires applicables, les notifications de modification tarifaire, les relevés mensuels, le futur relevé annuel de frais lorsqu’il sera disponible, les échanges avec le conseiller et la demande de clôture.

Deuxième étape : classer les frais. Il faut distinguer les frais de tenue de compte, les commissions de mouvement, les cotisations de carte, les virements, les prélèvements, les frais d’incident, les agios, les frais d’encaissement, les frais de clôture et les frais de transfert.

Troisième étape : isoler ce qui est contestable. Une ligne est contestable lorsqu’elle ne correspond à aucun tarif communiqué, lorsqu’elle résulte d’une modification tarifaire mal notifiée, lorsqu’elle est facturée après la clôture sans lien avec un engagement antérieur, ou lorsqu’elle correspond à l’acte même de clôture.

Quatrième étape : envoyer une réclamation écrite. La lettre doit demander le remboursement des frais identifiés, le fondement contractuel de chaque prélèvement et la régularisation du solde du compte. Il faut éviter les formules générales. Une banque répond plus difficilement à une demande chiffrée et documentée qu’à une protestation globale.

Cinquième étape : mettre en demeure si la banque ne répond pas. La mise en demeure doit fixer un délai, rappeler les pièces, exiger le remboursement ou l’explication contractuelle et annoncer la suite : médiation, signalement ou action judiciaire selon le montant.

Clôture de compte pro : la checklist avant d’envoyer la demande

Avant de clôturer un compte professionnel, il faut éviter de créer un incident artificiel.

Le dirigeant doit ouvrir ou sécuriser le nouveau compte, récupérer le nouveau RIB, prévenir les clients et fournisseurs principaux, modifier les mandats de prélèvement, vérifier les échéances fiscales et sociales, traiter les chèques non débités, conserver les relevés et télécharger les justificatifs comptables.

Il faut ensuite envoyer une demande écrite de clôture. La demande doit indiquer le compte concerné, la date souhaitée, le compte de destination du solde positif, les moyens de paiement restitués ou détruits, et la demande expresse de confirmation écrite de la clôture.

Si la banque facture la clôture, il faut répondre rapidement. Plus l’entreprise attend, plus la banque pourra soutenir que le solde a été accepté ou que les frais n’ont pas été contestés dans un délai raisonnable. La contestation doit être datée, chiffrée et conservée.

Il faut aussi surveiller les opérations postérieures. Une opération présentée sur un compte clos peut provoquer un rejet, une information au client, un incident fournisseur ou une tension avec l’administration. Le changement de banque doit donc être géré comme une migration opérationnelle, pas comme une simple fermeture de contrat.

Banque qui ferme le compte professionnel : quels recours ?

Le sujet inverse existe aussi. La banque peut vouloir fermer le compte professionnel d’une entreprise. Cela peut arriver après des incidents, un risque de conformité, une suspicion de fraude, une relation commerciale dégradée, une activité jugée sensible ou une décision interne.

Dans ce cas, il faut vérifier la convention de compte, le préavis, le motif communiqué et les conséquences pratiques. Si la fermeture intervient brutalement alors que l’entreprise dépend du compte pour encaisser ses clients, payer ses salariés, régler ses fournisseurs ou honorer ses échéances fiscales, le risque économique est immédiat.

La banque n’est pas obligée de conserver indéfiniment une relation commerciale, mais elle doit respecter ses obligations contractuelles et légales. Une clôture mal préparée peut créer un préjudice : impossibilité d’encaisser, rejet de prélèvements, perte de marché, impossibilité de payer un fournisseur critique, blocage de paie, frais d’incident.

Si l’entreprise n’a plus de compte, il faut envisager le droit au compte auprès de la Banque de France lorsque les conditions sont réunies. Si le litige porte sur une rupture abusive, une absence de préavis ou des frais injustifiés, il faut constituer un dossier chiffré.

Paris et Île-de-France : pourquoi le sujet est sensible pour les TPE

À Paris et en Île-de-France, beaucoup de TPE ont des flux bancaires plus denses que leur taille ne le laisse penser : loyers commerciaux élevés, encaissements carte, plateformes de paiement, sous-traitants, clients grands comptes, charges sociales, TVA, abonnements logiciels, virements internationaux.

Un changement de banque peut donc toucher plusieurs contrats à la fois. Un commerce parisien qui change de banque doit sécuriser le terminal de paiement, le bail commercial, les prélèvements d’assurance, les fournisseurs, les marketplaces et parfois le prêt garanti par une caution personnelle du dirigeant.

Pour une société francilienne en tension de trésorerie, la contestation de frais bancaires ne doit pas être isolée. Elle peut révéler un problème plus large : découvert devenu coûteux, concours bancaire menacé, retard client, dette URSSAF, caution personnelle, procédure de prévention des difficultés.

Dans ces dossiers, le bon réflexe consiste à analyser la banque comme un partenaire contractuel et comme un créancier potentiel. La discussion ne porte pas seulement sur 300 euros de frais. Elle porte parfois sur la continuité de l’activité.

Que faire si la banque refuse de rembourser ?

Si la banque refuse, plusieurs voies peuvent être envisagées.

La première est la réclamation interne. Il faut saisir le service réclamation avec un dossier complet, pas seulement le conseiller d’agence. La réclamation doit joindre les relevés, la convention, les tarifs, la demande de clôture et le tableau des frais contestés.

La deuxième est la médiation bancaire lorsque le dossier y est éligible. La médiation peut être utile pour les montants limités et les litiges documentaires. Elle ne remplace pas toujours une action judiciaire, mais elle peut débloquer un remboursement ou une clarification.

La troisième est le signalement à l’autorité compétente lorsque la pratique révèle un problème plus large de conformité, d’information tarifaire ou de traitement des clients professionnels.

La quatrième est l’action judiciaire. Elle se justifie si le montant est significatif, si la banque a provoqué un préjudice d’exploitation, si la clôture a été brutale, ou si le litige s’inscrit dans une relation bancaire plus lourde : découvert, prêt, caution, nantissement, garantie, blocage de compte.

Le tribunal compétent dépendra de la qualité des parties, de la nature du compte, du contrat et des demandes. Pour une société commerciale face à sa banque, le contentieux peut relever du tribunal de commerce. Il faut vérifier précisément avant d’assigner.

Les erreurs à éviter

La première erreur est de fermer le compte sans sauvegarder les relevés et justificatifs. Après clôture, l’accès en ligne peut disparaître ou devenir plus difficile.

La deuxième erreur est de contester trop tard. Les frais bancaires se contestent mieux lorsqu’ils sont isolés immédiatement.

La troisième erreur est de mélanger tous les griefs. Il faut séparer les frais de clôture, les frais d’incident, les agios, les commissions et les conséquences économiques.

La quatrième erreur est de négliger les opérations postérieures. Un chèque non débité, un prélèvement fournisseur ou une échéance fiscale peut transformer une simple clôture en incident.

La cinquième erreur est de raisonner sans preuve. Le litige bancaire se gagne rarement avec une impression générale de frais excessifs. Il se construit avec la convention, les tarifs, les relevés, les courriers et le tableau chiffré.

Plan d’action en sept jours

Jour 1 : téléchargez les douze derniers relevés du compte professionnel, la convention de compte et les conditions tarifaires.

Jour 2 : listez toutes les lignes de frais, mois par mois.

Jour 3 : repérez les frais de clôture, de transfert, d’incident et les modifications tarifaires.

Jour 4 : demandez par écrit à la banque le fondement contractuel des lignes contestées.

Jour 5 : préparez une demande de remboursement chiffrée.

Jour 6 : vérifiez les opérations encore actives avant toute clôture : prélèvements URSSAF, TVA, loyer, assurances, fournisseurs, terminaux de paiement, plateformes.

Jour 7 : envoyez la réclamation ou la mise en demeure, avec pièces jointes et délai de réponse.

Cette méthode permet d’éviter un litige vague. Elle transforme un mécontentement bancaire en dossier exploitable.

Pour replacer le litige dans une stratégie plus large, vous pouvez consulter notre page consacrée au droit des affaires à Paris et notre page dédiée au contentieux commercial.

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À Paris et en Île-de-France, nous pouvons aussi vérifier les conséquences pratiques sur vos contrats, vos paiements fournisseurs, vos clients et la trésorerie de votre entreprise.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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