Tribunal judiciaire de Saint-Étienne, le 18 octobre 2025, n°2025F01309

Le tribunal judiciaire de Saint-Étienne, statuant le 18 octobre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société débitrice est reconnue en état de cessation des paiements. Le ministère public ne s’y oppose pas, sans se prononcer sur sa date. Le tribunal fixe provisoirement cette date au 11 septembre 2025. Il ordonne les mesures d’organisation de la procédure et une période d’observation.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La constatation du défaut de paiement. Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif. Il relève que les informations recueillies en chambre du conseil établissent cette situation. « La SAS FRANCE BIERES se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (DISCUSSION). Ce constat objectif est l’unique condition légale d’ouverture. La jurisprudence rappelle que cet état résulte de la seule comparaison entre l’actif disponible et le passif exigible. « Au vu des pièces produites l’état de cessation des paiements est constaté, le débiteur étant dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Tribunal de commerce de commerce de Dijon, le 20 mai 2025, n°2025004484). La décision confirme ainsi la nature purement financière et comptable de ce seuil.

La fixation provisoire de la date de cessation. Le tribunal retient la date déclarée par le débiteur dans sa demande. Cette date du 11 septembre 2025 n’a pas été débattue contradictoirement à l’audience. Le ministère public s’est abstenu de se prononcer sur ce point précis. La fixation est donc annoncée comme provisoire par le jugement. Elle pourra être ultérieurement contestée et modifiée. Cette solution est conforme aux textes qui permettent un report. Elle préserve les droits des créanciers et la recherche de la date exacte.

Les conséquences procédurales de l’ouverture

L’organisation immédiate de la procédure collective. Le tribunal met en place le cadre légal du redressement judiciaire. Il désigne un juge commissaire, un mandataire judiciaire et un administrateur judiciaire. Cette dernière nomination est obligatoire du fait du chiffre d’affaires. Il ordonne également un inventaire et ouvre une période d’observation. Le délai pour établir un plan de redressement est fixé au 18 mars 2026. Ces mesures sont standards et découlent automatiquement de l’ouverture.

Le contrôle renforcé pendant la période d’observation. Le tribunal organise un suivi strict de la situation de l’entreprise. Il convoque une audience de contrôle au 19 novembre 2025 pour examiner les capacités de financement. Le débiteur et les organes de la procédure devront y être entendus. L’administrateur judiciaire doit remettre un rapport sur la viabilité de l’entreprise. Cette audience permet de statuer sur la poursuite de l’observation ou la liquidation. Elle illustre le pouvoir de direction du juge pour garantir une procédure efficace.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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