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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce, le 23 septembre 2025, n°2025007040

Le tribunal de commerce, statuant en premier ressort, a prononcé la liquidation judiciaire d’une société exploitant un garage automobile. Constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement, la juridiction a ouvert la procédure sans poursuite d’activité. Elle a également renvoyé l’affaire pour un examen ultérieur de la clôture de la liquidation.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La décision rappelle d’abord les conditions légales d’ouverture de la liquidation judiciaire. Le tribunal fonde son analyse sur la définition légale de la cessation des paiements, énoncée à l’article L. 631-1 du code de commerce. Cette disposition prévoit que l’état de cessation des paiements s’entend pour « tout débiteur […] qui, dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » (article L. 631-1 du Code de commerce). L’application de ce texte aux faits de l’espèce est ensuite opérée.

Le juge constate en effet cet état au vu des pièces produites et des explications fournies. Les difficultés de l’entreprise, attribuées à une baisse d’activité, empêchent de couvrir les charges courantes. Cette appréciation in concreto rejoint une jurisprudence constante sur la matérialisation de l’insolvabilité. Un autre tribunal a ainsi relevé que « l’examen des pièces produites confirme les explications du débiteur ; l’EI […] est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible » (Tribunal de commerce de commerce de Vesoul – Gray, le 10 juillet 2025, n°2025001872). La décision commentée s’inscrit dans cette ligne en vérifiant concrètement l’exigibilité du passif et la disponibilité de l’actif.

L’impossibilité manifeste de redressement justifiant la liquidation

La seconde condition légale examinée est l’impossibilité manifeste de redressement. Le tribunal constate que le débiteur est dans l’incapacité de redresser son entreprise. Il estime qu’il se trouve manifestement dans l’impossibilité de bénéficier d’un plan de redressement. Cette appréciation souveraine conduit à écarter toute procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

Le prononcé de la liquidation s’impose dès lors que le redressement est jugé irréalisable. Cette analyse rejoint celle d’une autre juridiction qui a considéré que « l’entreprise ne saurait envisager sérieusement de présenter un plan de redressement. En conséquence, le redressement judiciaire est manifestement impossible et la liquidation judiciaire s’impose » (Tribunal de commerce de commerce de Libourne, le 2 juin 2025, n°2025002020). La décision commentée procède de la même logique en passant directement à la liquidation, sans période d’observation. Elle organise ensuite les modalités pratiques de la procédure ouverte, conformément aux textes applicables.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».