Tribunal de commerce de Nice, le 18 septembre 2025, n°2025RG02329

Le Tribunal de commerce de Nice, statuant le 18 septembre 2025, se prononce sur une déclaration de cessation des paiements. La société requérante, exerçant une activité dans le bâtiment et les travaux publics, a procédé à cette déclaration. Le tribunal, après audition du représentant légal, constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Il prononce en conséquence la liquidation judiciaire de la société et fixe la date de cessation des paiements au 22 novembre 2024.

La qualification de la cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal retient la définition légale de la cessation des paiements pour fonder sa décision. Il constate en effet que la débitrice « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette formulation reprend exactement les termes de l’article L631-1 du code de commerce. La Cour d’appel de Limoges rappelle d’ailleurs que « La cessation des paiements est définie, aux termes des dispositions de l’article L631-1 du code de commerce, comme l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Limoges, le 3 juillet 2025, n°24/00893). Cette application stricte assure une sécurité juridique pour le débiteur et ses créanciers.

La portée de la notion d’actif disponible

La décision met en lumière la notion cruciale d’actif disponible, sans toutefois la détailler. Cette précision est essentielle pour une appréciation correcte de l’état de cessation. Le Tribunal de commerce de Paris a précisé que « L’actif disponible ne se confond pas avec l’actif circulant, qui est une notion plus large. L’actif circulant inclut ainsi les stocks, qui ne sont pas toujours immédiatement réalisables, et les créances clients, ne sont pas toutes immédiatement convertibles en disponibilités » (Tribunal de commerce de Paris, le 19 mars 2025, n°2025016541). La décision commentée s’inscrit dans ce cadre exigeant, écartant les éléments d’actif non immédiatement liquides.

Les conséquences du prononcé de la liquidation judiciaire

Le constat d’une impossibilité manifeste de redressement

Le passage à la liquidation judiciaire est conditionné par l’absence de perspective de sauvegarde. Le tribunal fonde sa décision sur les éléments présentés, qui « établissent que son redressement est manifestement impossible » (Motifs). Ce constat, distinct de la seule cessation des paiements, justifie le prononcé de la liquidation. Il témoigne d’une appréciation in concreto de la situation économique de l’entreprise, au-delà du simple déséquilibre de trésorerie. Le juge exerce ici son pouvoir souverain d’appréciation des preuves apportées.

Les mesures d’organisation de la procédure collective

La décision organise les suites de la liquidation en désignant les mandataires de justice. Elle fixe également la date de cessation des paiements de manière rétroactive, au 22 novembre 2024. Cette fixation est capitale pour déterminer la période suspecte et les effets de la procédure. Le tribunal impose enfin un calendrier contraignant, avec un examen de la clôture au plus tard un an après. Ces mesures visent à assurer une administration efficace et diligente de la liquidation, dans l’intérêt des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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