Tribunal de commerce de Marseille, le 23 septembre 2025, n°2025F00955

Le Tribunal des activités économiques de Marseille, le 23 septembre 2025, statue sur une demande en désignation d’un juge conciliateur. Saisi d’un litige commercial, il ordonne une conciliation préalable avant toute instruction au fond. La décision précise les modalités pratiques de cette mission et son cadre temporel. Elle illustre l’articulation entre la procédure judiciaire et le recours aux modes alternatifs de règlement des différends.

Le cadre légal et conventionnel de la conciliation obligatoire

La nature du litige détermine le recours à la conciliation. Le tribunal fonde sa décision sur les articles 1530 et suivants du code de procédure civile. Il invoque également un avenant conventionnel spécifique au tribunal de commerce de Marseille. « Vu l’avenant à la Convention générale relative à la résolution amiable des différends » constitue le second fondement juridique. La décision combine ainsi une obligation légale et une stipulation conventionnelle. Cette double assise renforce le caractère impératif de la tentative de conciliation.

La désignation du juge conciliateur et l’étendue de sa mission

Le tribunal procède à la nomination d’un magistrat exerçant cette fonction. Il définit avec précision le contenu et les limites de la mission confiée. Le juge conciliateur doit « tenter de rapprocher et de concilier les parties en vue de parvenir à une solution amiable ». Cette mission s’exerce sous le sceau de la confidentialité et dans un délai imparti de cinq mois. Le tribunal anticipe également les suites procédurales en cas d’échec ou de réussite. Cette organisation démontre une volonté de structurer la phase amiable sans retarder la justice.

Les suites procédurales et les garanties entourant l’accord

L’ordonnance organise le retour devant le juge à l’issue de la conciliation. Elle prévoit expressément plusieurs scénarios pour l’audience ultérieure. Le tribunal pourra prononcer « l’homologation d’un accord intervenu entre les parties ». La décision rappelle les conditions de formalisation d’un tel accord issu de la conciliation. « Dit que l’accord issu d’une conciliation judiciaire peut être constaté dans un écrit signé par les parties et le juge conciliateur ». Cette formalisation confère à l’accord la force d’un jugement après son dépôt au greffe.

La portée de la décision réside dans son caractère injonctif et structurant. Elle impose une tentative de résolution amiable avant toute instruction contradictoire. Cette approche promeut l’autonomie des parties tout en conservant le contrôle du juge. Elle s’inscrit dans une logique de désencombrement des prétoires et d’efficacité procédurale. La décision illustre la généralisation du recours aux modes alternatifs dans le contentieux commercial.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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