Tribunal de commerce de Marseille, le 23 septembre 2025, n°2025F00857

Le Tribunal des activités économiques de Marseille, le 23 septembre 2025, statue sur les conséquences procédurales d’une liquidation judiciaire intervenue après l’audience. Il ordonne la réouverture des débats pour mettre en cause le liquidateur et se prononce sur les frais de remise au rôle. La décision rappelle le principe selon lequel l’enrôlement seul emporte saisine et condamne une partie aux dépens.

La réouverture des débats pour cause de liquidation judiciaire

La nécessité d’une contradiction effective face à un événement substantiel

Le tribunal ordonne la réouverture des débats suite à la liquidation d’une société partie au litige. Cet événement substantiel, survenu postérieurement à l’audience, affecte directement la procédure en cours. Il impose une remise en cause des positions pour garantir un débat contradictoire équitable. La décision s’appuie sur les articles 16 et 444 du code de procédure civile. Elle vise à permettre la discussion sur la déclaration et l’admission de la créance au passif. La portée est de préserver les droits de la défense face à un changement majeur de circonstances.

La régularisation de la saisine par la mise en cause du liquidateur

La désignation du liquidateur comme nouveau représentant de la personne morale défaillante rend sa mise en cause indispensable. Le tribunal estime que les débats doivent être rouverts spécifiquement à cette fin. Cette mesure permet d’assurer la régularité de l’instance malgré la défaillance d’une partie. Elle garantit que la décision au fond pourra intervenir dans un cadre procédural valable. La valeur réside dans l’adaptation de la procédure aux aléas de la vie des sociétés. Elle évite une nullité tout en respectant le principe du contradictoire.

Les conséquences financières du défaut d’enrôlement

La condamnation aux frais de remise au rôle pour absence de saisine régulière

Le tribunal rappelle un principe fondamental de procédure civile concernant la saisine. « il est constant que seul l’enrôlement emporte saisine de la juridiction » (Motifs). Par conséquent, le défaut de remise au rôle entraîne l’absence de saisine du tribunal. Une partie est condamnée au paiement des frais spécifiques liés à cette régularisation tardive. Cette condamnation distincte des dépens sanctionne un manquement aux obligations procédurales. Sa portée est dissuasive et vise à responsabiliser les parties sur le respect des formalités. Elle souligne que la saisine effective conditionne toute suite valable donnée à l’instance.

La distinction entre frais de remise au rôle et dépens de l’instance

La décision opère une distinction nette entre deux catégories de frais procéduraux. Elle condamne d’abord une partie aux frais de remise au rôle proprement dits. Elle prononce ensuite une condamnation aux dépens de l’instance, tous taxes comprises. Les droits perçus par le greffe sont liquidés à une somme précise conformément à la loi. Cette dualité de condamnations reflète la gravité distincte des manquements reprochés. La valeur est de clarifier l’origine et la nature de chaque condamnation pécuniaire. Elle assure une exécution transparente et fondée sur des bases légales incontestables.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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