Tribunal de commerce de La Rochelle, le 23 septembre 2025, n°2025003131

Le Tribunal de commerce de La Rochelle, le vingt-trois septembre deux mille vingt-cinq, statue sur une demande en constatation de cessation des paiements. La demanderesse, titulaire d’une créance de salaire, se désiste par courriel avant l’audience. La juridiction constate ce désistement et se dessaisit, condamnant la demanderesse aux dépens. La question est de savoir les effets d’un désistement intervenant avant toute défense au fond.

Les conditions d’un désistement d’action effectif

Le désistement doit être clair et unilatéral pour produire ses effets. Il résulte ici d’une communication écrite de l’avocat de la partie initiatrice. Ce courriel informe le tribunal de l’abandon de la procédure engagée. Aucune acceptation de la partie adverse n’est requise pour valider cet acte de volonté. Le juge constate donc l’extinction de l’instance par l’effet de ce désistement.

La portée de cette solution est de rappeler la nature unilatérale du désistement d’action. Il met fin à l’instance sans qu’il soit besoin de l’accord du défendeur. La valeur est de sécuriser la procédure en permettant une fin rapide du litige. Cela évite la poursuite d’une instance devenue sans objet pour son auteur.

Les conséquences procédurales du dessaisissement

Le désistement entraîne l’extinction de l’instance et le dessaisissement du juge. Le tribunal ne peut plus statuer sur le fond du litige initial. Il se borne à constater juridiquement l’abandon de la prétention. « Le tribunal ne peut dès lors constater son dessaisissement. » (Tribunal judiciaire de Bordeaux, le 29 décembre 2025, n°25/02593) Cette citation illustre le principe inverse lorsque le désistement n’est pas établi.

La décision condamne également la demanderesse aux entiers dépens de l’instance. « Le désistement emporte, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte. » (Tribunal judiciaire de Marseille, le 16 décembre 2025, n°24/06924) Cette règle procédurale trouve ici une application directe et justifiée. La partie qui abandonne son action supporte naturellement les frais engendrés.

La portée est de lier systématiquement dessaisissement et condamnation aux dépens. La valeur est d’inciter à la prudence dans l’engagement d’une procédure. Cette solution assure une certaine justice procédurale entre les parties. Elle répare le préjudice subi par le défendeur contraint de se défendre.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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