Tribunal de commerce de commerce de Rennes, le 22 septembre 2025, n°2025L00916

Le cadre procédural de l’homologation judiciaire

Les conditions de régularité de la demande d’homologation. Le tribunal vérifie le strict respect de la procédure collégiale prévue par la loi. La décision souligne que le débiteur a été régulièrement appelé à comparaître en audience publique. Elle note également la présence du liquidateur et l’information du ministère public. Ces éléments assurent la régularité de la demande et le principe du contradictoire.

Le contrôle du juge sur l’opportunité de la transaction homologuée. Le tribunal n’opère pas un contrôle de fond sur le contenu de l’accord transactionnel. Il se fonde sur l’autorisation préalable donnée par le juge-commissaire par ordonnance. « Attendu que par ordonnance en date du 25/06/2025, M. [X] [G] Juge commissaire de la procédure de liquidation judiciaire… a autorisé… à transiger selon les termes du protocole d’accord transactionnel » (Motifs). L’homologation acte ainsi un contrôle déjà exercé en amont par le magistrat dédié.

La portée de l’intervention du juge-commissaire

La nature de l’autorisation du juge-commissaire comme prérequis. L’ordonnance du juge-commissaire constitue une condition nécessaire à la saisine du tribunal. Cette étape préalable est impérative pour les transactions intéressant collectivement les créanciers. « Attendu qu’il résulte des articles ci-dessus mentionnés que le liquidateur peut, avec l’autorisation du juge-commissaire et le débiteur entendu ou dûment appelé, compromettre et transiger » (Tribunal de commerce de commerce d’Ajaccio, le 26 mai 2025, n°2025001402). Le juge-commissaire vérifie ainsi l’intérêt de la masse.

La distinction entre autorisation et homologation selon la valeur litigieuse. Le présent jugement illustre le cas où l’homologation est requise malgré l’autorisation obtenue. Cette formalité supplémentaire dépend de la valeur de l’objet du litige. « Si l’objet du compromis ou de la transaction est d’une valeur indéterminée ou excède la compétence en dernier ressort du tribunal, le compromis ou la transaction est soumis à l’homologation du tribunal. » (Tribunal de commerce de commerce de Rouen, le 3 juin 2025, n°2025003402). Le tribunal de commerce opère donc un contrôle de régularité procédurale final.

Ce jugement précise les rôles respectifs du juge-commissaire et du tribunal dans le contrôle des transactions. Il confirme que l’homologation est une formalité substantielle lorsque la valeur litigieuse est importante. La décision renforce la sécurité juridique des accords conclus au cours des liquidations judiciaires. Elle assure une double protection des intérêts de la masse des créanciers par un contrôle échelonné.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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