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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 18 septembre 2025, n°2025008334

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, statuant le 18 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire immédiate. Une société créancière a assigné une société de restauration pour impayés. La procédure révèle une cessation d’activité et l’absence de perspectives de redressement. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et prononce la liquidation. Il fixe la date de cessation au 1er mai 2025 et désigne les mandataires de justice.

La caractérisation d’une cessation des paiements manifeste

La preuve de l’état de cessation des paiements est établie par plusieurs éléments convergents. Le créancier démontre l’existence d’une créance certaine, liquide et exigible pour loyers impayés. Les tentatives de recouvrement sont restées infructueuses malgré les diligences entreprises. Surtout, l’activité commerciale est à l’arrêt depuis plusieurs mois sans perspective de reprise. « depuis le 24 mai 2025, la société PHNV n’a pas ouvert son corner au sein du foodcourt » (Motifs). Le commissaire de justice confirme cet état de fait dans son procès-verbal de recherche. La valeur de cette approche réside dans l’appréciation concrète de la cessation d’activité. La portée est immédiate car elle justifie l’ouverture de la procédure sans délai supplémentaire.

La constatation d’une impossibilité manifeste de redressement

Le tribunal apprécie souverainement l’absence totale de perspectives de redressement. Aucun élément ne permet d’envisager une reprise d’activité ou un apurement du passif. Les constatations matérielles sur place corroborent l’inaction du débiteur. « selon les informations recueillies le redressement de l’entreprise est manifestement impossible » (Motifs). Cette impossibilité est jugée manifeste, écartant toute procédure de sauvegarde ou de redressement. Cette analyse rejoint une jurisprudence constante sur les critères du redressement impossible. « qu’au vu de son activité, le débiteur est manifestement dans l’impossibilité de présenter un plan d’apurement de son passif » (Tribunal de commerce de commerce de Lorient, le 28 février 2025, n°2025F00239). La portée est décisive car elle conduit directement au prononcé de la liquidation judiciaire.

Les conséquences procédurales de la liquidation immédiate

Le jugement emporte des effets immédiats sur l’organisation et le déroulement de la procédure. Le tribunal désigne sans délai un juge-commissaire et un liquidateur judiciaire. Il fixe également la date de cessation des paiements de manière rétroactive. Le liquidateur devra établir un rapport sur la situation du débité dans les délais impartis. La procédure est orientée vers une clôture dans un délai contraint de douze mois. Cette célérité traduit l’absence d’actifs à réaliser ou de complexité particulière. La valeur de ces mesures est de garantir une liquidation rapide et efficiente. La portée en est pratique, encadrant strictement la mission du mandataire de justice.

L’encadrement des droits des salariés et des créanciers

Le tribunal veille au respect des droits des parties concernées par la liquidation. Il ordonne la réunion du comité d’entreprise ou des délégués du personnel. Cette réunion doit permettre la désignation d’un représentant des salariés. Le liquidateur devra également établir et déposer la liste des créances déclarées. Les dépens de la procédure sont traités comme des frais privilégiés de liquidation. Cet encadrement est essentiel pour la régularité de la procédure collective. La valeur est protectrice des intérêts des salariés et des créanciers. La portée en est procédurale, assurant le respect des dispositions légales impératives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».