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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 18 septembre 2025, n°2025007980

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, par jugement du 18 septembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société de restauration rapide. Saisi par un organisme social créancier en raison d’impayés, le tribunal constate la défaillance du débiteur et l’état de cessation des paiements. Il fixe provisoirement la date de cessation des paiements et organise les premières mesures de la procédure collective.

La constatation de l’état de cessation des paiements

La qualification juridique du défaut de paiement. Le tribunal retient l’état de cessation des paiements face à une créance sociale certaine, liquide et exigible demeurée impayée. L’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible est ainsi établie par les éléments de l’assignation. Cette approche confirme que le défaut de paiement d’une créance incontestable peut suffire à caractériser cet état.

La portée d’une défaillance non contestée. L’absence de comparution du débiteur et l’échec des tentatives de recouvrement rendent la cessation des paiements manifeste. Le tribunal peut dès lors se fonder sur les seuls éléments fournis par le créancier requérant. Cette solution facilite l’accès à une procédure collective lorsque le débiteur se désintéresse de sa situation.

Les conséquences procédurales du prononcé

La fixation provisoire de la date de cessation. Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 18 mars 2024, antérieure au jugement. Cette détermination initiale relève du pouvoir souverain des juges du fond. Elle respecte la règle selon laquelle « le tribunal fixe la date de cessation des paiements après avoir sollicité les observations du débiteur » (Cour d’appel de Montpellier, le 20 mai 2025, n°24/06212). L’absence du débiteur n’empêche pas cette fixation.

L’organisation immédiate de la période d’observation. Le jugement met en place sans délai les organes de la procédure et une période d’observation de six mois. Il renvoie à une audience ultérieure pour statuer sur son issue, conformément à l’article L 631-15 du code de commerce. Cette célérité vise à préserver les actifs et à évaluer rapidement les chances de redressement de l’entreprise défaillante.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».