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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Blois, le 19 septembre 2025, n°2025000254

Le tribunal de commerce de Blois, statuant le 19 septembre 2025, homologue un plan de redressement par voie de continuation. La décision met fin à la période d’observation ouverte un an plus tôt. Elle organise le désintéressement des créanciers sur une durée de dix ans. Elle prononce également des effets automatiques attachés à cette homologation. Le tribunal statue sur le sort des interdictions pesant sur le débiteur.

L’homologation du plan comme condition de la levée des interdictions

La levée automatique de l’interdiction bancaire

Le jugement opère la levée de l’interdiction d’émettre des chèques de plein droit. Cette conséquence est directement tirée de l’homologation du plan de continuation. Le tribunal applique strictement le texte légal en vigueur en la matière. « l’homologation du plan de redressement par voie de continuation entraîne la levée de plein droit de toute interdiction d’émettre des chèques » (Motifs). Cette disposition a une portée pratique immédiate pour l’entreprise. Elle lui restitue un instrument de paiement essentiel à son activité. La levée est inconditionnelle et liée au choix de la continuation. Elle vise à faciliter la reprise d’une activité économique normale.

Le maintien de restrictions sur l’aliénation des biens

A l’inverse, le tribunal impose une restriction durable à la liberté du débiteur. Il interdit toute aliénation du fonds de commerce ou des biens immobiliers sans autorisation. Cette mesure court pour toute la durée du plan de redressement homologué. « ne pourra pas aliéner son fonds de commerce ni ses différents biens immobiliers, sans obtenir préalablement l’accord de ce Tribunal » (Motifs). Cette limitation protège le gage des créanciers concernés par le plan. Elle garantit la préservation des actifs nécessaires à la poursuite d’activité. Le juge conserve ainsi un contrôle sur les opérations patrimoniales significatives.

La mise en œuvre du plan et les garanties pour les créanciers

Un échelonnement du passif encadré par un commissaire au plan

Le tribunal organise un apurement intégral des créances sur une longue période. Le désintéressement à cent pour cent s’effectue par annuités constantes sur dix ans. Il désigne un commissaire à l’exécution du plan pour en surveiller l’application. « chargé de veiller à son exécution avec la mission prévue à l’article L 626-25 du Code de Commerce » (Motifs). Ce mécanisme assure un paiement ordonné et régulier aux créanciers. La présence d’un commissaire offre une garantie de suivi et de contrôle. Il devient le destinataire obligé des versements effectués par le débiteur.

Des modalités de paiement différenciées selon la nature des créances

La décision opère une distinction nette entre plusieurs catégories de créanciers. Les créances inférieures à cinq cents euros seront réglées sans délai dès l’homologation. La créance superprivilégiée du CGEA bénéficie du même traitement de faveur. « sera réglée dès l’homologation du plan » (Motifs). Cette approche allège le passif immédiat et simplifie la gestion du plan. Elle respecte la hiérarchie des prérogatives légales attachées à certaines créances. Le tribunal adapte ainsi le calendrier de paiement à l’importance des sommes dues.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».