Tribunal judiciaire de Nice, le 25 septembre 2025, n°2025F00165

Le tribunal judiciaire de Nice, statuant par jugement réputé contradictoire, a examiné une demande en paiement de travaux. Le défendeur, ne comparaissant pas, a été jugé régulièrement cité par signification à domicile. La juridiction a accueilli la demande au fond, ordonnant le paiement de la somme due avec intérêts. Elle a également alloué des dépens et une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

La régularité de la citation en défaut

La vérification préalable de l’adresse du destinataire

Le juge a d’abord vérifié la régularité de la citation introductive d’instance. L’huissier avait préalablement contrôlé la certitude de l’adresse du défendeur avant de tenter la signification. Cette étape est essentielle pour garantir le droit à un procès équitable et le respect des droits de la défense. Elle constitue un préalable indispensable à toute procédure de signification à domicile, protégeant le destinataire contre une privation de ses droits.

Le formalisme strict de la signification à domicile

N’ayant pu remettre l’acte à personne, l’huissier a procédé à une signification à domicile. Il a déposé copie de l’assignation en son étude sous enveloppe fermée, ne portant que d’un côté les noms et adresse du destinataire, et de l’autre le cachet de son étude apposé sur la fermeture du pli. Un avis de passage l’informant du dépôt de l’acte a été laissé au siège de l’entreprise, et une lettre simple lui a été adressée. Ce formalisme strict, prévu à l’article 658 du code de procédure civile, assure la traçabilité et la sécurité de la notification. Il permet de présumer la réception de l’acte par le destinataire, rendant la procédure régulière malgré son absence.

Le fondement de la condamnation au paiement

L’appréciation souveraine des preuves versées aux débats

Sur le fond, le tribunal a estimé la demande bien fondée. Il s’est appuyé sur les pièces versées aux débats par la partie demanderesse à l’appui de ses prétentions. L’existence d’un devis signé, de situations de travaux et de factures non contestées a permis d’établir la réalité de la créance. Cette appréciation souveraine des preuves démontre que le juge statue sur le fond même en l’absence du défendeur, mais seulement si la demande est étayée.

Le régime des intérêts moratoires et l’indemnisation de la procédure

Le jugement a condamné le défendeur au paiement de la somme principale assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 mars 2025. Cette date correspond très probablement à la mise en demeure, faisant courir les intérêts sans preuve d’un préjudice. Ce point rejoint la jurisprudence rappelant que “la mise en demeure de payer une obligation de somme d’argent fait courir l’intérêt moratoire, au taux légal, sans que le créancier soit tenu de justifier d’un préjudice” (Tribunal judiciaire de Mulhouse, le 17 juin 2025, n°23/00504). L’allocation de frais distincts des dépens vise à compenser partiellement les frais d’avocat exposés par le créancier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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