Tribunal de commerce, le 29 septembre 2025, n°2025022523

Le tribunal de commerce, statuant en premier ressort, a été saisi d’une procédure de redressement judiciaire. Constatant l’impossibilité de présenter un plan de redressement, il a prononcé la liquidation judiciaire de l’entreprise et fixé la date de cessation des paiements. La décision soulève la question des conditions légales justifiant l’ouverture immédiate d’une liquidation judiciaire.

La caractérisation de l’impossibilité de redressement

L’absence de plan de redressement viable

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité avérée d’élaborer un plan de redressement. Il relève que le débiteur ne peut présenter un plan avec apurement du passif. Cette impossibilité est établie par la déclaration de cessation des paiements et les explications fournies en chambre du conseil. Le juge vérifie ainsi concrètement l’inexistence de toute perspective de sauvegarde de l’activité.

L’aveu d’impossibilité par le chef d’entreprise

L’appréciation est renforcée par les déclarations du dirigeant lui-même. Celui-ci reconnaît qu’aucun plan par continuation n’est envisageable. L’exploitation est présentée comme structurellement déficitaire et non susceptible de restructuration ou de cession. Cet aveu constitue un élément probant déterminant pour le juge. Il permet de constater l’absence totale de faisabilité d’une poursuite d’activité.

Les conséquences juridiques : le prononcé de la liquidation

Le passage immédiat à la liquidation judiciaire

Face à ce constat, le tribunal estime qu’il y a lieu de prononcer sans délai la liquidation. Il applique directement les dispositions des articles L.640 et suivants du code de commerce. La décision illustre le principe selon lequel l’ouverture d’une liquidation peut être immédiate. Cette solution intervient lorsque le redressement est manifestement impossible dès l’ouverture de la procédure.

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe provisoirement cette date au quinze septembre deux mille vingt-cinq. Cette fixation est une étape essentielle de la procédure de liquidation. Elle délimite la période suspecte et impacte les droits des créanciers. La jurisprudence rappelle que « La cessation des paiements au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce est caractérisée par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible. » (Cour d’appel de Paris, le 12 novembre 2025, n°25/01016). Cette définition guide le juge dans sa détermination.

La portée de la décision réside dans son application stricte des textes. Elle rappelle que la liquidation est la conséquence inéluctable de l’impossibilité de redressement. La valeur de l’arrêt tient à sa rigueur procédurale et à son fondement factuel incontestable.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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