Tribunal de commerce, le 1 octobre 2025, n°2025F00935

Le tribunal de commerce, statuant en matière de redressement judiciaire, a été saisi d’une requête en conversion en liquidation. Après une période d’observation, le mandataire judiciaire et le ministère public ont sollicité cette conversion. Le tribunal a constaté l’impossibilité de poursuivre l’activité et prononcé la liquidation judiciaire en application de l’article L.631-15 du code de commerce.

La constatation de l’absence de perspective de redressement

Les éléments déterminants du prononcé de la liquidation

Le tribunal fonde sa décision sur un faisceau d’éléments convergents recueillis en chambre du conseil. Il relève notamment que « l’entreprise débitrice se trouve dans l’impossibilité de poursuivre son activité ». Cette impossibilité est corroborée par la déclaration du dirigeant confirmant « l’absence totale d’activité au sein de la société ». Ces constats objectifs conduisent à la conclusion que « d’offrir une perspective de redressement » n’est plus possible. La décision s’appuie ainsi sur une appréciation in concreto de la situation économique.

La portée de cette analyse est conforme à la jurisprudence constante en la matière. Elle exige une démonstration positive de l’inexistence de toute solution de continuation. Comme l’a jugé un tribunal, « toute perspective de plan de redressement apparaît exclue en l’état » (Tribunal de commerce, le 28 mai 2025, n°2025F00118). La simple difficulté financière ne suffit pas, il faut une impossibilité structurelle. La décision commentée renforce cette exigence probatoire pour le prononcé de la liquidation.

Les conséquences procédurales de la conversion

La mise en œuvre des mesures de liquidation

Le dispositif de la décision organise précisément les suites de la procédure. Le tribunal prononce simultanément la liquidation judiciaire et « la fin de la période d’observation ». Il désigne un liquidateur judiciaire et définit strictement sa mission. Il rappelle notamment l’obligation de coopération du débiteur sous peine de sanctions. Le tribunal impose aussi un calendrier contraignant, avec un examen de la clôture « au plus tard au terme d’un délai de trente-six mois ». Ce cadre vise à assurer une liquidation efficace et diligente.

La valeur de ce dispositif réside dans sa complétude et son caractère impératif. Il opère une transition nette entre les phases de redressement et de liquidation. La fin de la période d’observation est actée sans ambiguïté. Le rappel des obligations du débiteur et du liquidateur sécurise le déroulement ultérieur. Cette rigueur procédurale est essentielle pour garantir les droits des créanciers. Elle traduit la volonté du juge d’encadrer strictement une phase souvent longue et complexe.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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