Tribunal de commerce de Tours, le 30 septembre 2025, n°2025006276

Le Tribunal de commerce de Tours, statuant le 30 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, exerçant une activité de restauration, a déclaré son état de cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité de tout redressement et retient le cadre de la liquidation simplifiée. Il fixe également la date de cessation des paiements au 15 mai 2025. Cette décision illustre les conditions d’ouverture et le régime applicable aux petites défaillances commerciales.

La constatation de l’état de cessation des paiements

La qualification juridique du défaut de paiement. Le tribunal fonde son jugement sur le constat que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif. Cette appréciation concrète est essentielle pour ouvrir toute procédure collective. Elle correspond à la définition légale de la cessation des paiements. « Il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette formulation reprend presque textuellement l’article L631-1 du code de commerce. La Cour d’appel de Paris rappelle d’ailleurs que « l’état de cessation des paiements se définit comme étant l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 20 octobre 2022, n°22/07724). Le juge procède ainsi à une vérification substantielle de la situation du débiteur.

La fixation rétroactive de la date de cessation. Le tribunal use de son pouvoir pour dater rétroactivement la cessation des paiements. Cette fixation est une prérogative importante du juge. Elle influence la période suspecte et les droits des créanciers. « FIXE, au regard des pièces produites, provisoirement la date de cessation des paiements au 15/05/2025, date à laquelle les dettes étaient exigibles sans que l’entreprise puisse les acquitter » (Par ces motifs). Cette décision est prise en considération des éléments fournis. La jurisprudence précise que « le tribunal fixe la date de cessation des paiements après avoir sollicité les observations du débiteur » (Cour d’appel de Montpellier, le 20 mai 2025, n°24/06212). La date retenue correspond ici au moment où l’illiquidité est devenue effective.

Le prononcé d’une liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions d’application du régime simplifié. Le tribunal ordonne l’application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée. Ce régime est réservé aux petites entreprises sans perspective de redressement. Plusieurs critères cumulatifs sont examinés avec soin par le juge. « Que l’entreprise n’emploie aucun salarié que son chiffre d’affaires hors taxes annuel à la date de clôture du dernier exercice social est inférieur à 300.000 euros, conformément à l’article D.641-10 du code de commerce, et que l’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier » (Motifs). Le respect de ces seuils est impératif pour bénéficier de cette procédure accélérée. Elle vise à liquider rapidement les actifs de sociétés à la structure simple.

L’absence de toute perspective de poursuite d’activité. Le prononcé de la liquidation est justifié par l’inexistence de solutions alternatives. Le tribunal écarte tout plan de redressement ou de cession. La situation économique de l’entreprise est jugée irrémédiablement compromise. « Que de l’aveu même du chef d’entreprise, aucun plan de redressement par continuation d’entreprise n’est envisageable, l’exploitation étant déficitaire » (Motifs). Cette absence de perspective légitime le choix de la liquidation. Le jugement organise ainsi une extinction ordonnée de la personne morale. Il prévoit un délai de six mois pour examiner la clôture de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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