Tribunal de commerce de Thonon-les-Bains, le 9 septembre 2024, n°2025F01246

Le Tribunal de commerce de Thonon-les-Bains, statuant le 9 septembre 2024, ouvre une liquidation judiciaire. Il constate l’état de cessation des paiements de la société et l’absence de perspective de redressement. La décision soulève la question des conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire et de la date de cessation des paiements.

La caractérisation de la cessation des paiements
La décision retient le critère légal de l’impossibilité de faire face au passif. Le tribunal fonde son constat sur les informations recueillies en chambre du conseil. Il établit ainsi le fait déclencheur de la procédure collective.

La définition juridique de la cessation des paiements
Le jugement reprend la formulation textuelle de l’article L. 631-1 du code de commerce. « L’entreprise se trouve en situation de cessation des paiements par son impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette application stricte consolide une jurisprudence constante sur le point de droit.

La portée de cette qualification est essentielle pour le déclenchement de toute procédure. Elle est uniformément interprétée par les juridictions. « La cessation des paiements au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce est caractérisée par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 12 novembre 2025, n°25/01016).

Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire
Le tribunal vérifie la réunion des conditions légales pour prononcer la liquidation. Il examine notamment l’absence de toute perspective de redressement de l’entreprise débitrice.

L’impossibilité manifeste de redressement
Le jugement constate qu’aucune perspective de redressement ou de cession n’existe. Cette constatation est une condition nécessaire pour ouvrir une liquidation judiciaire. Elle permet de passer d’une procédure de sauvegarde ou de redressement à la liquidation.

La valeur de cette appréciation souveraine des juges du fond est décisive. Elle clôt tout espoir de poursuite d’activité et engage la dissolution. Cette analyse rejoint celle d’autres juridictions saisies de situations similaires. « Attendu qu’il ressort des pièces versées à l’appui du dossier et des explications fournies que l’entreprise ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible, que dans ces conditions l’état de cessation des paiements est caractérisé » (Tribunal de commerce de commerce de Thonon-les-Bains, le 25 juillet 2025, n°2025F00623).

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements
Le tribunal use de son pouvoir pour fixer cette date à titre provisoire. Cette décision a une importance majeure pour la période suspecte. Elle protège les intérêts de la masse des créanciers contre les actes antérieurs.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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