Tribunal de commerce de Saint-Malo, le 21 octobre 2025, n°2025F01153

Le tribunal de commerce de Saint-Malo, statuant le 21 octobre 2025, a été saisi de la situation d’une société commerciale. Après une instruction en chambre du conseil, il a constaté l’état de cessation des paiements de cette entreprise. Face à l’absence de toute perspective de redressement, la juridiction a ouvert une procédure de liquidation judiciaire. Elle a ainsi répondu à la question de l’issue à donner à une procédure collective lorsque le redressement est impossible.

La caractérisation rigoureuse de la cessation des paiements

La définition légale retenue par le tribunal. Le jugement opère une application stricte des textes régissant la matière des procédures collectives. Il reprend les termes de la loi pour caractériser la situation de l’entreprise débitrice. Le tribunal constate que le débiteur est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette formulation est conforme à la définition légale de la cessation des paiements. Elle est identique à celle employée par d’autres juridictions pour apprécier cette situation. « L’état de cessation des paiements résulte de l’impossibilité dans laquelle se trouve le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Tribunal de commerce de commerce de Saint-Malo, le 21 octobre 2025, n°2025002870).

La portée d’une appréciation souveraine des juges du fond. La décision illustre le pouvoir souverain d’appréciation des juges du fond pour établir cet état. Le tribunal fonde sa constatation sur les informations recueillies auprès du débiteur en chambre du conseil. Cette méthode confirme le caractère concret et actuel de l’appréciation. La cessation des paiements doit être établie à une date certaine, ici fixée provisoirement. Cette fixation est essentielle pour déterminer la période suspecte et les actes remis en cause. La rigueur de cette qualification conditionne l’accès à la procédure de liquidation judiciaire.

Le prononcé de la liquidation en l’absence de perspective de redressement

Le constat de l’impossibilité manifeste d’un redressement. La décision de liquider ne découle pas automatiquement de la cessation des paiements. Le tribunal doit préalablement vérifier l’absence de toute possibilité de sauvegarde de l’entreprise. Le jugement relève expressément qu’aucune perspective de redressement ou de cession n’existe. Ce constat est une condition légale impérative pour ouvrir une liquidation judiciaire. Il permet d’écarter les autres procédures telles que le redressement judiciaire. La solution vise à éviter la poursuite d’une activité économiquement vouée à l’échec.

Les conséquences immédiates du jugement d’ouverture. Le prononcé de la liquidation entraîne la mise en œuvre d’une organisation judiciaire spécifique. Le tribunal désigne un juge-commissaire pour superviser la procédure. Il nomme également un liquidateur judiciaire chargé de réaliser l’actif. Un commissaire-priseur est désigné pour établir un inventaire des biens. Des délais stricts sont fixés pour l’établissement de la liste des créances et l’examen de la clôture. L’exécution provisoire est ordonnée pour garantir l’efficacité des mesures prises. L’ensemble organise le passage d’une logique de continuation à une logique de liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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