Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 30 septembre 2025, n°2025J01152

Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 30 septembre 2025, statue sur une demande en paiement de loyers impayés et en restitution de matériel. Le défendeur, défaillant, ne conteste pas les faits ni le contrat produit. La juridiction accueille la demande principale mais modifie le point de départ des intérêts et réduit l’allocation sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

La sanction de l’inexécution contractuelle et ses modalités

La validation judiciaire de la clause pénale stipulée. Le tribunal valide l’application de la clause pénale contractuelle de dix pour cent sur la somme due. Cette validation intervient sans discussion sur son caractère éventuellement excessif, la défaillance de la partie débitrice rendant la demande incontestée. La solution consacre le principe de la force obligatoire des conventions librement consenties. Elle rappelle que la clause pénale constitue une évaluation forfaitaire du préjudice, évitant d’en rapporter la preuve. Sa mise en œuvre est ainsi facilitée en cas de carence du débiteur.

Le point de départ des intérêts moratoires fixé à la date de l’assignation. La juridiction écarte la demande de faire courir les intérêts au taux légal dès la mise en demeure. Elle motive sa décision en relevant que « la date de la mise en demeure n’étant pas précisée dans l’assignation » (Motifs). Le point de départ est donc reporté au jour de la signification de l’acte introductif d’instance. Cette solution impose une rigueur dans l’allégation des faits procéduraux. Elle protège le débiteur contre des demandes insuffisamment étayées, même en son absence.

Les pouvoirs du juge sur les demandes accessoires et l’exécution

Le pouvoir modérateur du juge sur les frais irrépétibles. Le tribunal use de son pouvoir souverain pour réduire la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il estime que la « demande d’indemnité […] laquelle est excessive et sera ramenée à 100 euros » (Motifs). Ce pouvoir d’appréciation permet d’éviter une indemnisation disproportionnée par rapport aux frais réellement exposés. Il équilibre les droits des parties même lorsque l’une d’elles ne comparaît pas, garantissant une justice équitable.

Les mesures ordonnées pour assurer l’exécution effective de la décision. La juridiction accompagne sa condamnation au paiement et à la restitution de mesures coercitives. Elle ordonne la restitution du matériel « sous astreinte de 150€ par jour de retard » (Décision). Elle prononce en outre l’exécution provisoire de droit en vertu de l’article 514 du même code. Ces dispositions visent à pallier la résistance du débiteur défaillant et à garantir l’efficacité pratique du jugement. Elles assurent une protection concrète au créancier dont le droit est reconnu.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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