Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 30 septembre 2025, n°2025J01150

Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 30 septembre 2025, statue sur un litige né d’un contrat de location longue durée. Le preneur, défaillant, est assigné en paiement de loyers impayés et en restitution du bien. Le tribunal, saisi par requête, rend un jugement réputé contradictoire. Il accueille la demande principale mais modère certaines prétentions. La solution consacre l’opposabilité des clauses contractuelles face à un défendeur défaillant.

La sanction du défaut de comparution
La décision est rendue malgré l’absence de la partie défenderesse. Le tribunal constate la régularité de la citation en justice. « l’assignation a fait l’objet d’un procès-verbal de recherches infructueuses » (art.659 du Code de Procédure Civile). Cette formalité permet de garantir le principe du contradictoire. La procédure se poursuit ainsi et le jugement « sera réputé contradictoire ». Cette règle préserve l’efficacité de la justice commerciale. Elle évite qu’une partie ne paralyse la procédure par son abstention.

Le contrôle judiciaire des demandes accessoires
Le juge opère un contrôle sur les demandes indemnitaires annexes. Il rejette le point de départ des intérêts proposé par le demandeur. « les intérêts qui courront à compter de la signification de l’assignation, la date de la mise en demeure n’étant pas précisée ». Le tribunal exige ainsi une justification précise des prétentions. Il modère également la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile. « la demande d’indemnité au titre de l’article 700 du Code de Procédure Civile laquelle est excessive et sera ramenée à 100 euros ». Ce pouvoir modérateur est un garde-fou essentiel. Il empêche l’utilisation abusive de procédures à fins de pression.

L’application automatique de la clause pénale
Le tribunal valide et applique la clause contractuelle stipulant une pénalité. Il condamne le défendeur à payer « la somme de 51188,91 €, y incluse la clause pénale de 10% ». Cette inclusion dans le principal montre son acceptation sans discussion. La décision ne mentionne aucun examen de proportionnalité ou d’excessivité. Cette approche contraste avec le contrôle exercé sur d’autres demandes. Elle semble réserver un sort favorable aux clauses prévues en cas d’inexécution. L’absence de débat dû au défaut de comparution facilite cette application.

La portée pratique d’une décision réputée contradictoire
Cette décision illustre les effets concrets d’un jugement rendu par défaut. Elle produit immédiatement l’autorité de la chose jugée et est exécutoire. « la présente décision est de droit exécutoire par provision » (art. 514 CPC). Le créancier peut donc engager sans délai les mesures d’exécution forcée. La restitution du matériel est notamment assortie d’une astreinte coercitive. Cette mécanique procure une efficacité réelle au créancier diligent. Elle compense les risques liés à l’insolvabilité d’un débiteur défaillant.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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