Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 30 septembre 2025, n°2025J00941

Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 30 septembre 2025, statue sur une demande en paiement formulée par un établissement de crédit contre son emprunteur. L’emprunteur, défaillant, n’a pas comparu à l’audience. Le juge accueille les demandes principales après avoir constaté la régularité des mises en demeure. Il réduit toutefois l’indemnité pour frais irrépétibles et ordonne l’exécution provisoire de la décision.

La régularité de la mise en demeure préalable

La sanction de l’inexécution contractuelle est subordonnée à une mise en demeure régulière. Le tribunal vérifie scrupuleusement l’existence et la validité de cette formalité essentielle. Il relève que le créancier a produit les contrats et les lettres recommandées adressées à l’emprunteur. Ces écrits justifient pleinement les demandes en recouvrement des créances litigieuses. La notification par lettre recommandée avec accusé de réception constitue le mode de preuve privilégié. L’absence de contestation de la part du débiteur défaillant confirme le bien-fondé de cette démonstration.

La portée de la déchéance du terme

La mise en demeure produit l’effet juridique majeur de rendre exigible la totalité de la créance. Le tribunal constate que le créancier a confirmé la déchéance du terme du prêt par courrier recommandé. Cette formalité rend immédiatement payable le solde du capital restant dû. Une jurisprudence antérieure précise que l’avertissement des conséquences de la défaillance est obligatoire. « Elle a donc eu pour objet l’avertissement obligatoirement adressé à l’emprunteur des conséquences de sa défaillance en cas de retard de paiement, notamment l’exigibilité immédiate de la créance. » (Tribunal judiciaire de Caen, le 6 août 2025, n°25/00326) La décision s’inscrit ainsi dans la stricte application de ce principe.

Les conséquences pécuniaires de la défaillance

Le juge liquide les sommes dues en distinguant les sources et les régimes d’intérêts applicables. La condamnation porte sur le solde du compte courant et le capital du prêt après déchéance du terme. Les intérêts courent à des taux distincts selon la nature de la créance depuis la date de la mise en demeure. Le tribunal use de son pouvoir modérateur pour réduire l’indemnité de l’article 700 du code de procédure civile. Il estime en effet que la demande initiale du créancier était excessive au regard des frais engagés. Cette réduction témoigne du contrôle exercé par le juge sur les demandes accessoires.

La valeur de la décision rendue par défaut

L’absence de comparution du défendeur n’empêche pas un examen complet des prétentions. Le jugement est réputé contradictoire après la remise régulière de l’assignation au gérant. Le tribunal statue néanmoins au fond en s’appuyant sur les pièces versées aux débats. Il ordonne l’exécution provisoire de plein droit, conformément aux dispositions légales. Cette solution assure l’efficacité du recouvrement malgré la voie de recours ouverte. Elle garantit au créancier le bénéfice pratique de sa condamnation sans délai supplémentaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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