Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 23 septembre 2025, n°2025F01357

Le tribunal de commerce de Saint-Étienne, statuant le 23 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société exploitant une boucherie est en cessation des paiements depuis le 31 août 2025. Son redressement est jugé manifestement impossible, justifiant cette issue procédurale définitive.

Les conditions cumulatives de la liquidation judiciaire

Le constat d’une cessation des paiements irrémédiable

Le tribunal fonde sa décision sur le double constat d’un état de cessation des paiements et de l’impossibilité du redressement. Il retient la date du 31 août 2025 comme point de départ de cet état. Cette fixation est essentielle pour déterminer la période suspecte. L’appréciation de l’impossibilité du redressement est souveraine. Elle s’oppose à une situation où le rétablissement resterait envisageable. « Au vu de ces éléments, s’il est indéniable que la société Bakrie a connu des difficultés à l’été 2024, il est prématuré de considérer que sa situation est irrémédiablement compromise… Dans ces conditions, le redressement de la société Bakrie n’apparait pas manifestement impossible en l’état. » (Tribunal de commerce de commerce d’Évreux, le 12 mars 2026, n°2026P00078) Ici, le tribunal estime au contraire que la défaillance est consommée.

Le choix impératif de la procédure simplifiée

Le tribunal applique automatiquement le régime de la liquidation simplifiée. Ce choix découle de l’absence de bien immobilier dans l’actif et du non-dépassement de seuils légaux. La procédure est ainsi allégée, avec des délais raccourcis pour les opérations de liquidation. Cette qualification impacte directement le déroulement et la durée des opérations confiées au liquidateur. Elle traduit une adaptation de la procédure collective à la modestie du patrimoine en cause.

Les modalités d’exécution de la procédure

L’organisation des opérations de liquidation

Le tribunal définit un calendrier strict pour le liquidateur judiciaire désigné. Ce dernier doit déposer la liste des créances dans un délai de cinq mois. La vente des biens mobiliers doit intervenir dans un délai de quatre mois. Un inventaire préalable est également ordonné. Ces injonctions cadrent rigoureusement la mission du mandataire judiciaire. Elles visent à garantir une réalisation rapide et ordonnée de l’actif au profit des créanciers.

Les obligations du débiteur et le terme de la procédure

Le débiteur est sommé de coopérer avec le liquidateur sous peine de sanctions. Il doit notamment communiquer la liste de ses créanciers et de ses contrats en cours. La date du 23 septembre 2026 est fixée pour la clôture de la procédure. Cette audience future constitue le terme prévisible des opérations. La décision vaut convocation du débiteur à cette date pour être entendu. L’ensemble organise une sortie de procédure anticipée et encadrée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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