Tribunal de commerce de Nîmes, le 1 avril 2026, n°2025F00197

Le Tribunal de commerce de Nîmes, statuant le 1er avril 2026, a examiné la situation d’une procédure de liquidation judiciaire. Le mandataire judiciaire a indiqué que la clôture ne pouvait être prononcée à la date initialement prévue. La juridiction a donc été amenée à se prononcer sur la prorogation du délai de la procédure, au regard de l’article L. 643-9 du code de commerce. Elle a décidé de reporter l’examen de la clôture au 30 avril 2026 et a convoqué une audience ultérieure.

Le pouvoir discrétionnaire du juge dans la gestion des délais

Le cadre légal de la prorogation et ses conditions d’application

Le tribunal fonde sa décision sur l’article L. 643-9 du code de commerce, qui prévoit cette possibilité. La juridiction motive son choix en relevant un empêchement spécifique à la clôture. Elle constate en effet que « suite au jugement du conseil des prud’hommes, la prise en charge par les AGS doit être faite. » Cette disposition légale offre au juge une marge d’appréciation pour adapter le calendrier de la liquidation aux réalités du dossier.

La portée de cette décision est de confirmer la nature éminemment pragmatique du droit des procédures collectives. Elle rappelle que le délai de liquidation n’est pas une fin en soi, mais un instrument au service de l’intérêt collectif des créanciers. Le juge peut ainsi ajuster la procédure pour tenir compte d’éléments extérieurs en cours, comme le règlement d’une créance salariale par un organisme tiers.

L’encadrement procédural de la décision de report

Les garanties entourant la nouvelle échéance fixée

La décision ne se limite pas à un simple report, elle organise le futur déroulement de la procédure. Le tribunal « CONVOQUE d’ores et déjà les parties à l’audience du mercredi 01 Avril 2026 à 9h00, pour examiner l’opportunité de prononcer la clôture. » Il exige également la production de pièces justificatives, notamment « le règlement des frais de greffe ou à défaut le certificat d’irrecouvrabilité. » Cette convocation anticipée et ces exigences précisent le cadre du prochain examen.

La valeur de cette démarche réside dans la sécurité juridique qu’elle instaure. En fixant une date d’audience et des conditions claires, le tribunal évite tout aléa procédural et garantit la célérité future de la liquidation. Cette méthode rejoint celle observée dans d’autres décisions, où le tribunal « prorogera le terme de la procédure de liquidation judiciaire et dira que la clôture de la procédure devra être examinée avant le 7 octobre 2026. » (Tribunal de commerce de commerce d’Évry, le 9 octobre 2025, n°2025L01751). Elle assure une transition ordonnée entre deux phases de la procédure.

La portée de la décision est significative pour la pratique des liquidations judiciaires. Elle illustre l’équilibre recherché par le juge entre l’impératif de clôturer les procédures dans un délai raisonnable et la nécessité de régler préalablement certaines créances. En utilisant son pouvoir de prorogation de manière motivée et encadrée, le tribunal protège les droits des créanciers tout en permettant une liquidation efficace. Cette approche pragmatique et sécurisée guide l’achèvement des procédures collectives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture