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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Nantes, le 24 septembre 2025, n°2025010513

Le Tribunal de commerce de Nantes, par jugement du 24 septembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. La société, en cessation de paiements déclarée, sollicitait cette ouverture après l’échec d’une conciliation. Le ministère public a émis un avis favorable. Le tribunal fixe la date de cessation des paiements et nomme les organes de la procédure. Il ordonne également la levée de la confidentialité de la conciliation antérieure.

L’ouverture justifiée de la procédure collective

La régularité de la saisine et l’état de cessation des paiements sont établis. La société a effectué une déclaration de cessation des paiements et sollicité l’ouverture. Le tribunal constate que « la société n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, l’état de cessation des paiements est avéré » (Motifs). Cette constatation matérielle est la condition légale nécessaire et suffisante. La demande est donc recevable et bien fondée sur ce point. La décision rappelle le caractère objectif du critère d’ouverture, écartant tout autre considération.

La présomption de redressement guide les modalités d’ouverture. Le tribunal relève que « des mesures de restructuration au vu des perspectives d’activité ont dores et déjà été envisagées » (Motifs). Cette appréciation positive des perspectives justifie le choix du redressement judiciaire. Elle conduit également à fixer une période d’observation de six mois. La décision illustre le pouvoir souverain des juges pour apprécier les chances de survie de l’entreprise. Elle conditionne le régime applicable et les espoirs des créanciers.

La mise en place d’un cadre procédural renouvelé

Le tribunal organise la transition entre la conciliation avortée et le redressement. Il met fin à la mission du conciliateur précédemment nommé. Il motive ce changement par la nécessité d’une mission différente et l’indépendance des compétences. Le tribunal « nommera en qualité d’administrateur la SELAS AJ UP » (Motifs). Cette désignation d’un nouvel intervenant marque une rupture nette avec la phase amiable. Elle garantit une analyse neuve et impartiale de la situation.

La levée de la confidentialité de la conciliation est ordonnée. Le ministère public requérait cette mesure « en application de l’Article L. 621-1 dernier alinéa du Code de Commerce » (Motifs). Le tribunal suit ces réquisitions et ordonne la communication des pièces. Cette décision permet d’alimenter la procédure collective avec les éléments de la phase antérieure. Elle assure la continuité de l’information tout en changeant de cadre. Elle renforce l’efficacité du travail des organes nouvellement désignés.

Ce jugement démontre une application rigoureuse des textes sur l’ouverture des procédures. Il valide le passage d’une conciliation infructueuse vers un redressement judiciaire. Le tribunal veille à la clarté du cadre procédural en changeant les intervenants. Il assure également la fluidité de l’information entre les différentes phases. Cette décision pose les bases d’une procédure collective transparente et efficace.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».