Tribunal de commerce de Nantes, le 24 septembre 2025, n°2025010310

Le tribunal de commerce de Nantes, statuant le 24 septembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire. Une société civile immobilière en cessation des paiements a sollicité cette ouverture. Le tribunal retient la date du 10 juin 2025 comme date de cessation des paiements. Il fixe une période d’observation de six mois et nomme les organes de la procédure. La décision soulève la question des conditions d’ouverture et du prononcé du redressement judiciaire.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La vérification de l’impossibilité de faire face au passif. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements après examen des pièces. Il relève « l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formule consacre le critère légal de l’article L. 631-1 du code de commerce. Elle est identique à celle employée par une cour d’appel récente. « La cessation des paiements au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce est caractérisée par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 12 novembre 2025, n°25/01016). Le juge vérifie ainsi concrètement la situation de trésorerie du débiteur.

La fixation rétroactive de la date de cessation. Le tribunal fixe provisoirement cette date au 10 juin 2025. Il se fonde pour cela sur les pièces produites durant la procédure. Cette date antérieure à la déclaration est cruciale pour la période suspecte. Elle permet de remettre en cause les actes préjudiciables réalisés postérieurement. Le juge exerce ici son pouvoir souverain d’appréciation des éléments de preuve. La détermination de cette date protège l’égalité entre les créanciers.

Les conditions du prononcé du redressement judiciaire

L’existence de perspectives de redressement présumées. Le tribunal ouvre la procédure car un plan de redressement est envisageable. Il note que la société « est susceptible de présenter un plan de redressement ». Cette appréciation positive des perspectives est une condition essentielle. Elle justifie le choix du redressement plutôt que de la liquidation judiciaire. Le juge se base sur les explications fournies en chambre du conseil. Cette démarche est conforme à l’esprit du texte qui favorise la continuation de l’entreprise.

L’organisation immédiate de la période d’observation. La décision met en place sans délai les outils d’analyse de la situation. Elle fixe la durée de l’observation et désigne un administrateur judiciaire. Un premier rapport sur les capacités financières doit être déposé rapidement. Le juge-commissaire est nommé pour superviser le déroulement de la procédure. Le tribunal anticipe ainsi les prochaines étapes de l’examen du dossier. Cette célérité est nécessaire pour préserver les actifs et l’activité de l’entreprise.

Cette décision illustre l’application stricte des conditions légales d’ouverture. Le juge combine l’appréciation objective de la cessation des paiements avec une analyse prospective. La fixation de la date de cessation garantit la protection du patrimoine. La mise en place rapide de l’observation sert l’objectif de redressement. Le tribunal suit une jurisprudence constante sur la définition de la cessation des paiements. « ATTENDU qu’il ressort de la déclaration de cessation des paiements et des explications données qu’un plan de redressement est envisageable » (Tribunal de commerce de commerce de Lille Métropole, le 16 juin 2025, n°2025012208). Le prononcé du redressement reste subordonné à une possibilité sérieuse de continuation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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