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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Montpellier, le 29 septembre 2025, n°2025011657

Le Tribunal de commerce de Montpellier, statuant le 29 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société requérante, en cessation des paiements, voyait son redressement jugé impossible. Le tribunal retient l’application du régime simplifié après vérification des seuils légaux. Cette décision illustre le contrôle juridictionnel des conditions d’ouverture d’une procédure collective. Elle précise également les critères pratiques du régime dérogatoire de liquidation.

Les conditions de l’ouverture de la liquidation judiciaire

Le constat de la cessation des paiements

Le tribunal rappelle la définition légale de la cessation des paiements pour fonder sa décision. Il retient « l’impossibilité dans laquelle se trouve le défendeur de faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible » (Motifs). Cette appréciation in concreto est essentielle pour déclencher la procédure. Elle exclut tout débiteur pouvant faire face à ses dettes avec son actif liquide. La jurisprudence confirme cette analyse en liant l’état de cessation à l’existence d’un passif exigible. « En l’absence de passif exigible, l’état de cessation des paiements n’est pas avéré » (Cour d’appel de Paris, le 10 juin 2025, n°24/18636). Le jugement procède ainsi à une vérification substantielle des éléments comptables.

L’impossibilité manifeste de redressement

Le tribunal constate parallèlement que le redressement est « manifestement impossible » pour le débiteur. Ce second critère cumulatif conditionne le passage à la liquidation judiciaire. Il s’agit d’une appréciation prospective laissée à la souveraineté des juges du fond. La décision ne détaille pas les éléments justifiant cette impossibilité dans les motifs. Elle se contente de reprendre les termes stricts de l’article L. 640-1 du code de commerce. Cette brièveté révèle l’importance des éléments du dossier non reproduits dans le jugement.

Les critères d’application du régime simplifié

Le respect des seuils légaux

Le tribunal vérifie méticuleusement les conditions d’application de la liquidation simplifiée. Il note que « l’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier » et respecte les plafonds d’effectif et de chiffre d’affaires (Motifs). Ce contrôle est impératif car ce régime déroge au droit commun des procédures collectives. Il vise à alléger les formalités pour les très petites entreprises. La décision opère ainsi une qualification juridique des faits de l’espèce. Elle applique strictement le cadre posé par les articles L. 641-2 et R. 641-10 du code de commerce.

Les conséquences procédurales du choix

Le prononcé de la liquidation simplifiée entraîne des modalités d’exécution particulières. Le tribunal fixe un délai d’un an pour l’établissement de la liste des créances et l’examen de la clôture. Ce cadre accéléré est caractéristique du régime simplifié destiné à une liquidation rapide. La jurisprudence souligne que ce régime doit être appliqué lorsque les conditions sont réunies. « QU’ en conséquence, la liquidation judiciaire simplifiée sera appliquée en vertu de l’article L.641-2 du code de commerce et R.641-10 » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 16 juin 2025, n°2025007015). Le jugement s’inscrit dans cette ligne en ordonnant la publicité immédiate et l’exécution provisoire.

Cette décision démontre le rôle du tribunal dans le contrôle des conditions d’ouverture d’une procédure collective. Elle rappelle l’importance du constat concret de la cessation des paiements et de l’impossibilité de redressement. Le jugement illustre aussi la rigueur nécessaire pour appliquer le régime de liquidation simplifiée. Il en respecte scrupuleusement les critères légaux pour en tirer les conséquences procédurales adaptées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».