Tribunal de commerce de Châteauroux, le 1 octobre 2025, n°2025002417

Le tribunal de commerce de Châteauroux, statuant le premier octobre deux mille vingt-cinq, se prononce sur une demande d’ouverture de liquidation judiciaire. La société requérante, créée récemment, connaît des difficultés commerciales persistantes. Elle a déclaré son état de cessation des paiements fin septembre deux mille vingt-cinq. Après audition des représentants sociaux et examen des pièces, le tribunal constate l’état de cessation des paiements. Il prononce une liquidation judiciaire simplifiée en l’absence de tout plan de continuation ou de cession envisageable.

La caractérisation rigoureuse de l’état de cessation des paiements

Le juge vérifie scrupuleusement les critères légaux de la cessation des paiements. L’examen des éléments financiers produits permet d’établir l’impossibilité de faire face au passif exigible. Le tribunal relève que la société « se trouve au moins depuis le 01/08/2025 dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette appréciation in concreto est essentielle pour prononcer une procédure collective. La date de cessation des paiements est fixée rétroactivement au premier août, conformément à cette constatation.

La jurisprudence antérieure confirme cette approche exigeante de la qualification. Un autre tribunal a ainsi jugé qu’une entreprise était en cessation des paiements lorsque « l’actif disponible est évalué à 1800 € alors que le passif exigible est estimé à 45 160 € » (Tribunal de commerce de commerce de Gap, le 16 juillet 2025, n°2025F00285). La présente décision s’inscrit dans cette ligne en s’appuyant sur des données chiffrées précises. Elle démontre que le passif échu et à échoir est sans commune mesure avec les capacités de trésorerie.

Le prononcé d’une liquidation judiciaire simplifiée adaptée

Le tribunal opère une qualification aboutissant à l’application du régime simplifié. Il constate que l’entreprise remplit cumulativement les seuils prévus par la loi pour ce régime. La décision note « que l’entreprise ne possède pas de bien immobilier, qu’elle n’a pas eu au cours des 6 derniers mois plus de 5 salariés, et que son chiffre d’affaires […] est inférieur à 750.000,00 € HT » (Motifs). Cette vérification est une condition préalable nécessaire au prononcé d’une liquidation simplifiée. Elle permet d’appliquer un régime procédural allégé et accéléré.

La portée de cette qualification est immédiate et détermine le déroulement de la procédure. Le tribunal en tire toutes les conséquences en prononçant « la liquidation judiciaire simplifiée, telle que décrite par l’article L. 641-2 du Code de Commerce » (Motifs). Il fixe par ailleurs un délai maximal de six mois pour la clôture de la procédure, conformément au régime applicable. Cette décision illustre l’articulation entre la qualification des difficultés et le choix du dispositif de traitement. Elle assure une réponse procédurale proportionnée à la taille et à la complexité de l’entreprise défaillante.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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