Tribunal de commerce de Bordeaux, le 30 septembre 2025, n°2025P01094

Le Tribunal de commerce de Bordeaux, statuant le 30 septembre 2025, est saisi par un organisme de recouvrement social. Celui-ci demande l’ouverture d’une procédure collective contre une société débitrice, inactive et non comparante. La juridiction constate l’état de cessation des paiements et prononce la liquidation judiciaire, estimant tout redressement impossible.

La caractérisation rigoureuse de la cessation des paiements

Le juge retient une définition objective du défaut de paiement. Il fonde sa décision sur l’exigibilité et l’insolvabilité constatée d’une créance sociale. « L’échec des mesures d’exécution exercées démontre que l’actif disponible de la société est insuffisant pour lui permettre de faire face à cette créance » (Motifs). Cette analyse est corroborée par l’absence de déclarations sociales et l’inaction totale du débiteur. La cessation des paiements est ainsi établie par des indices convergents et incontestés.

Cette approche confirme une jurisprudence constante sur les éléments constitutifs. Elle rejoint la position d’une autre juridiction qui estime que l’état de cessation résulte de « l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Tribunal de commerce de Chartres, le 9 janvier 2025, n°2025F00035). Le juge bordelais applique strictement ce critère légal, sans s’attarder sur des causes potentielles. La portée de ce point est essentielle pour le déclenchement de toute procédure collective.

Le prononcé direct de la liquidation judiciaire

Face à une entreprise manifestement à l’arrêt, le tribunal écarte le redressement. Il motive cette option par l’absence totale de perspective de rétablissement. « Le redressement de la société est manifestement impossible » (Motifs). Cette conclusion découle directement du comportement du débiteur, qui a cessé toute activité déclarative et ne se défend pas. Le juge opère ainsi un contrôle sommaire mais suffisant de l’absence de viabilité.

La décision organise ensuite les modalités pratiques de la liquidation. Elle désigne les mandataires de justice et fixe un calendrier procédural strict, incluant un délai pour examiner la clôture. Le tribunal renonce à appliquer la procédure simplifiée, faute d’éléments suffisants. La valeur de ce jugement réside dans son efficacité procédurale face à un débiteur défaillant. Il assure une mise en œuvre rapide de la liquidation pour préserver les intérêts des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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