Tribunal de commerce de Angoulême, le 25 septembre 2025, n°2025006396

Le Tribunal de commerce d’Angoulême, statuant le 25 septembre 2025, prononce la liquidation judiciaire simplifiée d’une société commerciale. Celle-ci avait déposé une déclaration de cessation des paiements après avoir cessé son activité. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et fixe sa date au premier septembre 2024. Il applique le régime simplifié de liquidation en raison des caractéristiques de la société.

La qualification de la cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal retient la définition légale de la cessation des paiements pour fonder son jugement. Il constate que la société « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette formulation reprend exactement les termes de l’article L 631-1 du code de commerce. La jurisprudence rappelle que « L’article L 631-1 du code de commerce définit la cessation des paiements comme l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 14 mars 2023, n°22/16658). Le juge apprécie souverainement cette situation au vu des éléments fournis.

La fixation de la date de cessation des paiements

Le tribunal fixe provisoirement cette date au jour de la résiliation du bail commercial. Cette décision illustre la recherche d’un fait objectif marquant l’aggravation de la situation. La date est cruciale pour déterminer la période suspecte. Elle reste provisoire et pourra être précisée par le liquidateur. Cette méthode assure une sécurité juridique pour les actes antérieurs à cette date.

Le prononcé de la liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions d’application du régime simplifié

Le tribunal vérifie le respect des critères légaux pour appliquer la procédure simplifiée. La société ne compte aucun salarié et son chiffre d’affaires est inférieur au seuil légal. « La procédure de liquidation judiciaire simplifiée s’applique s’il apparaît que l’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier » (Motifs). Les autres conditions concernent le nombre de salariés et le montant du chiffre d’affaires. Ce régime allégé vise à accélérer le traitement des petites défaillances.

Les modalités procédurales spécifiques

Le jugement détaille les obligations du dirigeant et du liquidateur dans ce cadre. Les délais pour les différentes étapes sont raccourcis par rapport au droit commun. La clôture de la procédure est envisagée dans un délai maximal de six mois. Les publicités et les dépôts d’états sont également simplifiés. Cette célérité vise à réduire les coûts de la procédure pour une masse d’actifs limitée.

Cette décision illustre l’application rigoureuse des critères de la cessation des paiements. Le juge s’appuie sur un fait précis pour dater l’insolvabilité. Le recours au régime simplifié est justifié par la situation modeste de la société. Cette procédure adaptée permet une liquidation rapide et peu coûteuse. Elle répond à l’objectif d’efficacité pour les petites défaillances commerciales.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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