Tribunal de commerce de Aix-en-Provence, le 25 septembre 2025, n°2025012791

Le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, statuant le 25 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. Une société commerciale, en cessation des paiements, a déposé une demande. L’établissement est fermé depuis plusieurs mois et ne compte aucun salarié. Le tribunal constate que le redressement est manifestement impossible. Il applique donc le régime de la liquidation simplifiée prévu par le code de commerce.

Le constat d’une impossibilité manifeste de redressement

La qualification juridique de l’état de cessation des paiements

Le tribunal relève l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. Cette constatation est une condition légale d’ouverture de toute procédure collective. L’état de cessation des paiements est fixé au jour de la demande d’ouverture. Cette date est cruciale pour déterminer la période suspecte. Elle influence également le sort des actes passés par le débiteur antérieurement.

La portée de ce constat est essentielle pour la suite de la procédure. Il justifie l’intervention du juge et la mise en œuvre des mesures de liquidation. La fixation de la date est provisoire mais guide les premières investigations. Elle permet d’assurer une sécurité juridique pour l’ensemble des créanciers.

L’appréciation de l’impossibilité manifeste de redressement

Le tribunal fonde sa décision sur l’absence totale d’activité et de perspectives. « Il ressort de la demande d’ouverture et des explications fournies en chambre du conseil que le redressement est manifestement impossible » (Motifs). L’établissement est fermé et aucune opération de sauvetage n’est envisageable. Cette appréciation in concreto est laissée à la souveraineté des juges du fond.

La valeur de ce critère est rappelée par une jurisprudence constante. « Attendu que le redressement judiciaire est manifestement impossible » (Tribunal de commerce de commerce de Cannes, le 18 février 2025, n°2025L00056). Il s’agit d’un préalable nécessaire à l’ouverture d’une liquidation judiciaire. Cette impossibilité doit être actuelle et certaine, excluant tout espoir de continuation.

Le recours à la procédure de liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions d’application du régime simplifié

Le tribunal retient l’application des articles L.641-2 et D.641-10 du code de commerce. Les conditions tenant à l’absence d’actif complexe et de salarié sont remplies. La société ne compte aucun effectif et une procédure de résiliation de bail est en cours. Ce cadre procédural accéléré est adapté aux situations les plus simples.

Le sens de ce choix est d’alléger les formalités et de réduire les coûts. La procédure simplifiée vise une liquidation rapide lorsque les enjeux sont limités. Elle permet une gestion efficace et proportionnée du passif. Le tribunal fixe un délai de six mois pour examiner la clôture.

Les modalités pratiques de la mise en œuvre

Le jugement organise les premières étapes de la liquidation. Il désigne les organes de la procédure, dont un liquidateur et un juge commissaire. Le débiteur est invité à réunir le comité social et économique dans un délai de dix jours. Une audience de clôture est fixée à six mois, conformément aux textes.

La portée de ces mesures est de garantir une exécution ordonnée et rapide. Le cadre simplifié impose un calendrier strict et une clôture anticipée. Il évite la prolongation inutile d’une situation sans issue. Cette décision illustre l’adaptation du droit des entreprises en difficulté aux réalités économiques.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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