Tribunal judiciaire de commerce de Créteil, le 4 avril 2025, n°2025F00804

Le tribunal judiciaire, dans un jugement du 4 avril 2025, statue sur un recouvrement de cotisations par une caisse de congés intempéries. L’employeur défendeur est condamné au paiement des sommes dues et à la production de déclarations sous astreinte. La décision précise les modalités d’exigibilité des cotisations lors d’une procédure contentieuse. Elle accorde également une indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile tout en rejetant la demande au titre des frais de contentieux.

La détermination précise de la créance recouvrable

La limitation de la demande aux cotisations exigibles à la date de l’assignation. Le tribunal opère une distinction essentielle entre les cotisations échues et les cotisations futures. Il retient que l’engagement d’une procédure rend immédiatement exigibles les sommes dues. Ainsi, le juge se limite aux cotisations impayées jusqu’au mois précédant l’assignation. Il écarte donc les demandes portant sur les cotisations postérieures à cette date. Cette solution assure une sécurité juridique en bornant strictement l’objet du litige. Elle prévient toute condamnation sur des éléments non encore exigibles.

Le recours à des provisions pour les déclarations manquantes. Face au défaut de production des déclarations de salaires, le tribunal ordonne le paiement de sommes provisionnelles. Il fixe une provision pour les cotisations liées à un mois déjà écoulé mais non déclaré. Il en ordonne une autre pour les mois à venir dans une limite temporelle stricte. Ces provisions sont expressément subordonnées à une régularisation ultérieure. « sauf à parfaire dès production des déclarations de salaires sollicitées » (Sur la demande en principal). Cette mesure garantit l’efficacité du recouvrement malgré l’absence d’information.

Les instruments procéduraux au service de l’exécution

L’astreinte comme moyen de contraindre à la production des déclarations obligatoires. Le tribunal fait application de l’article L. 131-1 du code des procédures civiles d’exécution. Il estime légitime la demande de production sous la contrainte d’une astreinte pécuniaire. Il fixe ainsi une astreinte de vingt euros par jour de retard après un délai de grâce. « il y aura donc lieu d’ordonner une astreinte de 20,00€ par jour de retard » (Sur la demande de production de déclarations sous astreinte). Cette décision renforce l’obligation déclarative de l’employeur et assure l’effectivité du jugement.

La dissociation des indemnités au titre des frais irrépétibles. Le juge opère une distinction nette entre différents postes de frais. Il déboute la caisse de sa demande spécifique au titre des frais de contentieux. Dans le même temps, il alloue une indemnité sur le fondement de l’article 700 du même code. « condamnera la partie défenderesse à lui payer la somme de 300,00€ au titre de l’article 700 du CPC » (Sur l’article 700 du CPC). Cette approche permet une indemnisation équitable des frais exposés non compris dans les dépens. Elle respecte le principe de la compensation des charges procédurales.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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