Tribunal judiciaire de commerce de Cannes, le 15 mars 2024, n°2025L00554

Le tribunal judiciaire, statuant en matière de procédure collective, a rendu une décision le 15 mars 2024. L’administrateur judiciaire a engagé une instance contre la société en redressement judiciaire. Il a ensuite renoncé à poursuivre cette action après la production de justificatifs par la société. La question était de savoir les effets procéduraux d’un tel désistement. La juridiction a constaté le désistement et ordonné la prise en charge des dépens.

Le formalisme du désistement d’instance

La décision illustre d’abord les conditions de forme requises pour un désistement valable. L’administrateur judiciaire a exprimé sa volonté de se désister lors des débats. Le tribunal relève cet élément dans ses motifs en indiquant que la personne « indique se désister de l’instance par elle engagée ». Cette formalité orale devant le juge est essentielle pour constater l’intention sans équivoque. Elle permet d’assurer la sécurité juridique de l’extinction de l’instance.

La portée de ce formalisme est de garantir la clarté et l’opposabilité de l’acte procédural. Le désistement doit être net et définitif pour être enregistré par le greffe. Cette exigence protège toutes les parties impliquées dans la procédure collective. Elle évite toute incertitude sur l’état d’avancement du litige. La solution s’inscrit dans le respect des principes directeurs du procès.

Les effets juridiques du désistement accepté

L’arrêt précise ensuite les conséquences immédiates du désistement sur la procédure. Le tribunal constate simplement l’extinction de l’instance sans examen au fond. Il « constate que la [personne] se désiste de son instance ». Cet acte de pure administration judiciaire met un terme définitif à l’action engagée. Il dessaisit le juge de toute appréciation sur le bien-fondé de la demande initiale.

La valeur de cette solution réside dans son efficacité procédurale et son économie de moyens. Le désistement, lorsqu’il est pur et simple, éteint le litige sans qu’il soit besoin de le trancher. Cette approche est cohérente avec d’autres décisions qui traitent du désistement. Une cour d’appel a ainsi jugé qu’il convenait de « constater l’extinction de l’appel et le dessaisissement de la cour » (Cour d’appel, le 30 janvier 2025, n°24/01322). La décision commentée applique ce même principe en matière collective. Elle libère ainsi la société des aléas d’un procès dont l’objet est devenu sans intérêt.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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