Tribunal judiciaire de commerce de Bobigny, le 7 octobre 2025, n°2025F00771

Le tribunal judiciaire, statuant par jugement réputé contradictoire, a été saisi d’une demande en paiement de sommes dues au titre d’un compte courant et de deux prêts professionnels. Le défendeur, mis en cause par l’établissement bancaire créancier, n’a pas comparu à l’audience. La juridiction a examiné la recevabilité et le bien-fondé de la demande avant de condamner la société débitrice au paiement des créances réclamées.

Le régime probatoire en l’absence de contradiction

La sanction procédurale de la non-comparution
Le juge rappelle le principe énoncé à l’article 472 du code de procédure civile. « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond » (Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile). La non-comparution n’entraîne pas une décision automatique en faveur du demandeur. Le juge conserve son pouvoir souverain d’appréciation des preuves. Il doit vérifier le caractère régulier, recevable et bien fondé de la demande. Cette solution rappelle que le défaut ne vaut pas acquiescement aux prétentions adverses. Elle garantit ainsi l’équité du procès malgré l’absence d’une partie.

L’appréciation des éléments produits par le demandeur seul
En l’absence de contradiction, le juge fonde sa décision sur les seuls éléments fournis par le demandeur. « En ne comparaissant pas, le défendeur s’est exposé à ce qu’un jugement soit rendu à son encontre sur les seuls éléments fournis par le demandeur » (En ne comparaissant pas, le défendeur s’est exposé). La jurisprudence antérieure confirme cette approche. « [V] [B] fournit au dossier la reconnaissance de dette… Ces éléments corroborent son allégation. [E] [Z] , non comparant, ne fournit aucun élément au dossier » (Tribunal judiciaire, le 7 février 2025, n°24/01255). La décision illustre l’exigence d’une preuve suffisante et concordante. Les pièces contractuelles et les mises en demeure ont été jugées corroborer les allégations. La créance est ainsi reconnue certaine, liquide et exigible.

La sanction des manquements contractuels en matière bancaire

La régularité des procédures de mise en demeure et de déchéance
Le juge constate la matérialité des impayés sur le compte et les prêts. Il relève ensuite le strict respect des formalités contractuelles par le créancier. Des mises en demeure par lettre recommandée ont été adressées avant chaque action. La clôture du compte et la déchéance du terme des prêts sont ainsi validées. La décision détaille les clauses contractuelles autorisant ces mesures. Elle vérifie la conformité des décomptes fournis à ces stipulations. Cette analyse minutieuse assure la sécurité juridique des relations bancaires. Elle rappelle l’importance du formalisme dans l’exécution des contrats.

La condamnation au paiement des sommes dues et des accessoires
Le tribunal accueille intégralement la demande principale en paiement du capital. Il applique également les clauses contractuelles relatives aux intérêts de retard. Les taux majorés de trois pourcents prévus au contrat sont retenus. L’indemnité forfaitaire de cinq pourcents est incluse dans les décomptes accordés. La condamnation inclut les frais engagés pour la procédure sur le fondement de l’article 700. La décision rappelle enfin que l’exécution provisoire est de droit. Cette solution assure l’effectivité du recouvrement pour le créancier. Elle sanctionne pleinement le défaut de respect des obligations contractuelles par l’emprunteur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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