Tribunal judiciaire de Bordeaux, le 14 mars 2025, n°2025R00703

Le tribunal judiciaire de Bordeaux, statuant en référé provisionnel, a rendu une ordonnance le 14 mars 2025. Une société était poursuivie pour le paiement d’une créance liée à une caisse professionnelle. La société reconnaissait la dette et sollicitait des délais de paiement. Le juge a accordé un échelonnement sur douze mois tout en prononçant une condamnation provisionnelle. Cette décision illustre l’appréciation souveraine des conditions d’octroi des délais de paiement.

L’octroi conditionné des délais de paiement

La reconnaissance de la dette par le débiteur constitue un préalable essentiel. Le juge relève que la société « reconnait à la barre sa créance et demande qu’un délai de paiement lui soit accordé ». Cette reconnaissance lève toute contestation sérieuse sur l’existence de l’obligation. Elle permet au juge de se concentrer sur l’opportunité de l’étalement du paiement. Cette approche est cohérente avec la jurisprudence antérieure.

La bonne foi du débiteur et sa situation économique guident ensuite la décision. Le juge motive son accord « au vu de sa bonne foi » sans autre détail. L’ordonnance ne décrit pas la situation financière de la société débitrice. Ce point distingue la présente espèce d’une autre décision. Celle-ci exigeait des « éléments comptables permettant d’apprécier sa capacité à honorer des délages de paiement » (Tribunal judiciaire, le 2 mai 2025, n°24/01359). L’appréciation paraît ici plus subjective.

Les effets juridiques de la condamnation provisionnelle

L’ordonnance combine une condamnation immédiate et un aménagement de son exécution. Le juge « condamne à titre provisionnel » la société au paiement de la somme due. Il précise simultanément qu’elle « pourra s’acquitter de sa dette en 12 mensualités égales ». La condamnation crée un titre exécutoire, tandis que les délais en suspendent l’exécution forcée. Cette mécanique procure une sécurité juridique au créancier.

Le non-respect du calendrier déclenche une exigibilité intégrale de la dette. Le juge dispose que « faute paiement d’une seule mensualité à son échéance, la totalité des sommes restant encore dues deviendra de plein droit immédiatement exigible ». Cette clause de déchéance du terme est un instrument de pression efficace. Elle garantit le respect du plan de paiement sans nouvelle intervention judiciaire. Elle protège ainsi les intérêts du créancier tout en offrant une chance au débiteur.

Cette décision confirme la marge d’appréciation du juge pour accorder des délais. L’absence d’exigence de preuves comptables détaillées peut s’expliquer par la reconnaissance de la dette et la bonne foi alléguée. Elle souligne l’importance de la clause de déchéance du terme comme garantie essentielle pour le créancier. Cette pratique concilie le recouvrement des créances et la préservation de l’activité économique du débiteur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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