Tribunal de commerce, le 2 octobre 2025, n°2025002186

Le tribunal de commerce, statuant en date non précisée, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société exploitant un commerce alimentaire. La procédure est engagée après constat de la cessation des paiements et de l’impossibilité manifeste de redressement. La décision applique le régime simplifié en raison de la modicité de l’actif et de la taille réduite de l’entreprise, et organise les premières mesures de la liquidation.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements.

Le tribunal constate d’abord l’existence de la cessation des paiements au sens légal. Il relève un déséquilibre patent entre le passif exigible et l’actif disponible, rendant l’entreprise dans l’incapacité de faire face à ses dettes. « QU’il résulte des informations recueillies par le tribunal et des pièces produites que la SARL Le Goût du Saké n’est plus en mesure d’honorer ses paiements ce qui témoigne de son incapacité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (DISCUSSION). Cette appréciation in concreto confirme que l’état de cessation est une question de fait, fondée sur une comparaison des éléments d’actif et de passif.

La date de cessation des paiements est fixée de manière rétroactive par le juge. Le tribunal détermine cette date en se fondant sur les informations recueillies, la fixant au 30 avril 2025. Cette fixation est essentielle pour délimiter la période suspecte et déterminer la validité des actes passés durant cette période. Elle démontre le pouvoir souverain d’appréciation des juges du fond pour reconstituer le moment précis de l’insolvabilité.

Le prononcé d’une liquidation judiciaire simplifiée.

Le tribunal écarte toute possibilité de redressement ou de cession, justifiant ainsi la liquidation. Il estime que le redressement est « manifestement impossible » en l’absence de plan envisageable et du fait de l’inactivité du dirigeant. Cette impossibilité, combinée à l’inaptitude de la personne morale à bénéficier du rétablissement professionnel, conduit nécessairement à la liquidation. La décision opère ainsi une sélection stricte entre les issues procédurales possibles.

Les conditions légales du régime simplifié sont vérifiées et appliquées. Le tribunal constate que l’entreprise remplit les critères de l’article L. 641-2 du code de commerce, avec un actif sans bien immobilier, moins de cinq salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 750 000 euros. « QU’il convient en conséquence d’ouvrir immédiatement une procédure de liquidation judiciaire simplifiée » (DISCUSSION). Cette application permet une procédure accélérée, avec un délai maximal de six mois pour statuer sur la clôture, visant une réalisation rapide de l’actif.

La portée de la décision réside dans la rigueur de l’analyse des conditions d’ouverture. Elle illustre le contrôle effectif par le juge des éléments constitutifs de la cessation des paiements et de l’impossibilité du redressement. La valeur tient à la mise en œuvre pratique du régime de liquidation simplifiée, offrant une procédure expéditive pour les petites structures sans perspective. Cette approche concilie célérité et protection des intérêts des créanciers dans le cadre d’une liquidation inéluctable.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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