Tribunal de commerce de Valenciennes, le 6 octobre 2025, n°2025005192

Le tribunal de commerce de Valenciennes, le six octobre deux mille vingt-cinq, statue sur une requête en indemnité pour procédure impécunieuse. Le liquidateur judiciaire d’une société en liquidation simplifiée sollicite le bénéfice de cette indemnité après la clôture pour insuffisance d’actif. Le tribunal accueille sa demande et fixe le montant de l’indemnité à mille cinq cents euros, payable par un fonds public.

Le constat juridique de l’impécuniosité de la procédure

Le tribunal établit d’abord le caractère impécunieux de la liquidation en cours. Il se fonde sur le compte rendu de fin de mission déposé par le mandataire judiciaire. Ce document atteste l’absence d’actifs suffisants pour couvrir les frais de la procédure. Le juge retient ainsi une situation de fait prévue par la loi.

La portée de ce constat est essentielle pour l’accès à l’indemnité. Il ouvre droit au liquidateur à une indemnité fixée par les articles L.663-3, R.633-41 et 48 du code de commerce. La décision acte l’impossibilité matérielle de rémunérer le professionnel sur les biens de la débitrice. Ce constat est la condition sine qua non du déclenchement du mécanisme de solidarité nationale.

La fixation et le financement de l’indemnité due au liquidateur

Le tribunal détermine ensuite le montant forfaitaire de la rémunération. Il fixe à la somme de 1500 euros (non soumise à TVA), le montant de l’indemnité. Cette somme est prévue par un barème réglementaire pour les procédures simplifiées. Le juge n’a donc pas de pouvoir d’appréciation sur le quantum, seulement sur le constat préalable.

Le sens de cette fixation réside dans son mode de financement public. L’indemnité sera versée au liquidateur par prélèvement sur le fonds d’indemnisation des procédures impécunieuses. Ce fonds est géré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Le système garantit une rémunération minimale aux auxiliaires de justice malgré l’insolvabilité du débiteur. Il assure ainsi la continuité et l’efficacité des procédures collectives.

La valeur de cette décision est de rappeler le régime protecteur des mandataires judiciaires. Elle sécurise leur mission en cas de procédure sans actifs. Le jugement illustre le fonctionnement concret du fonds d’indemnisation, pilier de la pratique des liquidations. Il confirme aussi la compétence du tribunal de commerce pour statuer sur cette demande après la clôture.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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