Tribunal de commerce de Valenciennes, le 6 octobre 2025, n°2025005018

Le tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le 6 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, en cessation des paiements, présente un faible chiffre d’affaires et aucun salarié. Le tribunal constate l’impossibilité de tout plan de redressement ou de cession. Il applique ainsi le régime dérogatoire prévu par le code de commerce pour les petites entreprises.

Les conditions de fond du prononcé de la liquidation simplifiée

Le contrôle de l’état de cessation des paiements et des perspectives de l’entreprise

Le tribunal vérifie d’abord l’existence de la cessation des paiements définie par la loi. Il constate que la société « se trouve manifestement en état de cessation des paiements, comme ne pouvant faire face à son passif exigible à l’aide de son actif disponible ». Cette qualification est un préalable indispensable à toute ouverture d’une procédure collective. Le juge examine ensuite les possibilités de redressement. Il relève « qu’il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif ». L’absence totale de perspective de continuation justifie le prononcé de la liquidation.

La vérification des critères légaux d’accès à la procédure simplifiée

Le tribunal s’assure du respect des seuils légaux propres à ce régime dérogatoire. Il note que l’entreprise « emploie 0 salarié et que son chiffre d’affaires hors taxes annuel […] est inférieur à 300.000 euros ». Ces éléments factuels, combinés à l’absence d’actif immobilier, permettent de qualifier la situation. Le juge conclut que « les conditions mises par les articles L.641-2 et suivants et D.641-10 du code de commerce sont réunies ». Cette appréciation in concreto est laissée à la souveraineté des juges du fond.

Les modalités procédurales de la liquidation judiciaire simplifiée

L’organisation des pouvoirs et le calendrier contraint de la procédure

La décision met en place les organes de la procédure avec célérité. Elle nomme un juge-commissaire et un liquidateur, chargé d’un rapport dans le mois. Le tribunal fixe également un délai impératif pour la clôture. Il statue « en conformité de l’article L.644-5 du code de commerce à SIX MOIS du présent jugement, le délai au terme duquel la clôture devra être prononcée ». Ce cadre temporel strict est une caractéristique essentielle de la procédure simplifiée. Il vise à accélérer le traitement des dossiers les plus simples.

Les obligations déclaratives et les mesures conservatoires ordonnées

Le jugement organise le recensement des créances dans un délai de quatre mois. Il informe les créanciers qu’ils « devront effectuer la déclaration de leur créance […] dans le délai de DEUX MOIS ». Parallèlement, il commet un commissaire-priseur pour « dresser sans délai, inventaire, réaliser la prisée des actifs ». Ces mesures simultanées visent à garantir une réalisation rapide et ordonnée de l’actif. La jurisprudence confirme cette approche pragmatique lorsque les conditions sont réunies. « Que le Tribunal -s’estimant suffisamment informé- considère que les conditions d’application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée sont remplies » (Tribunal de commerce de commerce de Lille Métropole, le 21 juillet 2025, n°2025016635).

Cette décision illustre l’application rigoureuse du régime de la liquidation simplifiée. Le tribunal vérifie scrupuleusement les critères légaux avant de prononcer cette procédure accélérée. Il en organise ensuite le déroulement dans le respect des délais contraignants imposés par la loi. Ce jugement assure ainsi une liquidation rapide pour les petites entreprises sans activité ni perspective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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