Tribunal de commerce de Valenciennes, le 6 octobre 2025, n°2025003764

Le tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le six octobre deux mille vingt-cinq, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, dont le chiffre d’affaires est inférieur à trois cent mille euros, est reconnue en cessation des paiements. Le tribunal constate l’absence de possibilité de redressement ou de cession, justifiant ainsi cette procédure accélérée.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La vérification des critères légaux de la défaillance

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. Il retient que l’actif disponible ne permet pas de couvrir le passif exigible de vingt-quatre mille trois cent soixante-seize euros et quatre-vingts centimes. Cette appréciation concrète respecte la définition légale de la cessation des paiements. La situation financière répond à la définition sus-relatée ; le demandeur est donc en état de cessation des paiements (Tribunal de commerce de commerce de Gap, le 16 juillet 2025, n°2025F00285). L’analyse des éléments probatoires, comme le rapport d’expert, guide cette qualification incontestable.

La portée d’une appréciation souveraine des indices de défaillance

La cour procède à une évaluation souveraine des éléments produits en chambre du conseil. Elle considère que l’état de cessation des paiements est manifeste au vu des renseignements en sa possession. Cette appréciation globale des preuves relève du pouvoir d’instruction du juge. Elle évite ainsi tout calcul inintelligible du passif exigible, source d’erreur de droit. La méthode garantit une qualification fiable de la défaillance commerciale, condition nécessaire à l’ouverture de toute procédure collective.

Les conditions de prononcé d’une liquidation judiciaire simplifiée

Le cumul des conditions objectives de la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie le respect des seuils prévus pour l’application de la procédure accélérée. L’entreprise ne possède aucun actif immobilier et son chiffre d’affaires annuel est inférieur à trois cent mille euros. L’absence de salariés est également relevée, simplifiant le cadre social de la liquidation. Ces conditions objectives sont cumulativement requises par les articles L.641-2 et suivants du code de commerce. Leur réunion permet le recours à cette voie procédurale allégée et rapide, adaptée aux très petites structures.

L’absence de perspective justifiant la liquidation immédiate

La décision est motivée par l’inexistence de toute solution alternative de sortie de crise. Le tribunal constate qu’aucun plan de redressement avec apurement du passif n’est envisageable. Il relève également l’impossibilité d’élaborer un plan de cession tel que prévu par la loi. Cette double impasse justifie le prononcé immédiat de la liquidation judiciaire. La procédure simplifiée apparaît alors comme l’issue inéluctable, permettant une clôture anticipée dans un délai de six mois.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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