Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 3 octobre 2025, n°2024J00786

Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 3 octobre 2025, statue sur une demande en paiement d’une créance contractuelle. Le demandeur invoque l’inexécution par son cocontractant d’une obligation de somme d’argent. Après une procédure devenue non contradictoire, le tribunal fait droit à la demande principale. Il accorde les intérêts moratoires et réduit l’indemnité procédurale sollicitée.

La consécration des conditions de la responsabilité contractuelle

Le tribunal constate d’abord l’existence d’une inexécution contractuelle caractérisée. Il relève la production de justificatifs établissant le manquement du débiteur à ses obligations. Cette constatation fonde le principe même de la responsabilité et ouvre droit à réparation. La décision rappelle ainsi l’application des articles 1103 et suivants du code civil. Elle souligne le lien nécessaire entre la faute contractuelle et le préjudice subi par le créancier.

La mise en demeure est ensuite validée comme point de départ des intérêts moratoires. Le jugement ordonne le paiement « outre intérêts au taux légal à dater de la mise en demeure du 25/10/2023 ». Cette solution applique strictement le régime légal des intérêts de retard. Elle rejoint une jurisprudence constante sur ce point essentiel. « L’article 1231-6 du code civil dispose : “Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent dans l’intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure » (Tribunal judiciaire de Mulhouse, le 17 juin 2025, n°23/00504). Le créancier est ainsi dispensé de prouver un préjudice distinct.

Les modalités procédurales et l’office du juge

Le juge use de son pouvoir modérateur pour réduire l’indemnité de l’article 700 du CPC. Il estime la demande initiale de mille cinq cents euros excessive. Il la ramène souverainement à trois cent cinquante euros sans autre motivation. Cette pratique courante illustre le contrôle exercé sur les frais non compris dans les dépens. Elle rappelle le caractère équitable et non automatique de cette indemnisation procédurale.

La décision est enfin rendue en l’absence du défendeur et déclarée contradictoire. Le tribunal constate la non-comparution de la partie assignée à l’audience. Il applique les règles de la procédure par défaut après notification régulière. Le jugement conserve ainsi son autorité et son caractère exécutoire par provision. Cette rigueur procédurale garantit l’efficacité de la justice malgré le désistement d’une partie. Elle assure la protection des droits du créancier dont la créance est reconnue fondée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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