Tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le 8 octobre 2025, n°2025F01010

Le Tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le 8 octobre 2025, statue sur la poursuite d’une procédure de sauvegarde. Après examen d’un rapport établi en application de l’article L. 631-15 du code de commerce, il ordonne la prolongation de la période d’observation. La solution retenue est fondée sur l’appréciation de la situation financière du débiteur.

L’appréciation des capacités financières
Le tribunal fonde sa décision sur une analyse prospective de la trésorerie. Il retient que les ressources disponibles semblent suffisantes pour couvrir l’activité future. Cette appréciation est tirée du rapport établi conformément à la loi. « Attendu qu’il ressort des débats et du rapport présenté conformément à l’article L. 631-15 I du code de commerce que la trésorerie du débiteur semble être suffisante pour lui permettre de poursuivre son activité jusqu’au terme de la période d’observation de six mois » (Motifs). La formulation révèle une marge d’appréciation laissée au juge. La portée de ce contrôle est essentielle pour l’issue de la procédure.

Cette analyse s’inscrit dans une jurisprudence constante sur l’évaluation des capacités de financement. Elle rejoint une décision antérieure du même tribunal qui constatait une situation similaire. « ATTENDU que le Tribunal constate conformément à l’article L.631-15 du Code de Commerce que le débiteur dispose de la capacité financière suffisante pour poursuivre son activité » (Tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le 8 octobre 2025, n°2025002222). La valeur de cette jurisprudence est de confirmer l’importance du critère financier. Elle guide ainsi l’instruction des dossiers par les mandataires judiciaires.

Les conséquences procédurales de l’analyse
La décision entraîne le maintien du cadre protecteur de la période d’observation. Le tribunal ordonne donc la poursuite de cette phase et le rappel ultérieur du dossier. Cette mesure permet de poursuivre l’élaboration d’un plan de sauvegarde. La solution s’oppose à une conversion en liquidation judiciaire. Elle illustre la finalité préventive de la procédure de sauvegarde.

Le sens de cette ordonnance est de préserver l’activité et l’emploi lorsque la situation le permet. Elle se distingue des cas où la dégradation financière est irrémédiable. Une autre jurisprudence illustre cette alternative en présence d’éléments défavorables. « Attendu que le mandataire judiciaire constate que la société n’a plus de nouveaux chantiers ni de trésorerie, que l’assurance décennale est caduque depuis septembre 2024 et que les salaires du mois de janvier n’ont pas pu être réglés, qu’il sollicite la conversion de la procédure en liquidation judiciaire sans poursuite d’activité » (Tribunal de commerce de commerce de Saint-Etienne, le 26 février 2025, n°2025F00005). La portée de la décision commentée est ainsi de maintenir l’entreprise en vie. Elle conditionne l’avenir de l’entreprise à la réalité des perspectives financières.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture