Tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le 8 octobre 2025, n°2025001919

Le Tribunal des activités économiques de Saint-Brieuc, le 8 octobre 2025, statue sur la poursuite d’activité d’une société en redressement judiciaire. La juridiction, saisie par le mandataire judiciaire, examine la situation financière du débiteur. Elle se prononce sur l’autorisation de maintenir l’exploitation jusqu’au terme de la période d’observation. Le tribunal accueille favorablement la demande et ordonne la poursuite de l’activité.

L’appréciation souveraine de la capacité financière

Le contrôle des éléments justificatifs de la poursuite

Le tribunal fonde sa décision sur l’examen du rapport du mandataire judiciaire. Ce document détaille le passif à financer et les perspectives de trésorerie. Il note que « le règlement des loyers a été suspendu durant la poursuite d’activité » mais que « les règlements reprendront pour assurer les échéances du plan » (Motifs). Le juge procède ainsi à une analyse concrète et prospective de la situation. Cette appréciation in concreto est essentielle pour vérifier la viabilité de l’entreprise.

La portée d’une constatation légale suffisante

Le tribunal retient que les conditions légales sont remplies pour autoriser la poursuite. Il motive sa décision en reprenant les termes stricts de la loi. Il constate ainsi « conformément à l’article L.631-15 du Code de Commerce que le débiteur dispose de la capacité financière suffisante pour poursuivre son activité » (Motifs). Cette formulation identique à une jurisprudence récente montre une application rigoureuse du texte. La référence légale unique suffit à fonder le dispositif du jugement.

La confirmation d’une jurisprudence émergente

L’alignement sur une interprétation stabilisée

La décision s’inscrit dans une ligne jurisprudentielle récente et cohérente. Elle adopte un raisonnement similaire à celui d’une autre juridiction. On retrouve en effet la même constatation : « ATTENDU que le Tribunal constate conformément à l’article L.631-15 du Code de Commerce que le débiteur dispose de la capacité financière suffisante pour poursuivre son activité » (Tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le 8 octobre 2025, n°2025001919). Cette convergence contribue à sécuriser la pratique des tribunaux en la matière.

La valorisation des éléments prospectifs du rapport

Le juge accorde une importance déterminante au rapport du mandataire judiciaire. Il s’appuie sur les prévisions de trésorerie et les propositions de plan en cours. Cette approche prospective est partagée par d’autres décisions. Une jurisprudence souligne ainsi qu' »Il ressort du rapport du mandataire ou du débiteur que l’entreprise semble disposer des capacités de financement suffisantes » (Tribunal de commerce de commerce de Dijon, le 13 mai 2025, n°2025002613). L’examen de la capacité financière dépasse donc le simple instantané comptable.

Cette décision illustre le contrôle exercé par le juge sur la poursuite d’activité en période d’observation. Elle confirme une application stricte de l’article L.631-15 du code de commerce. Le tribunal privilégie une appréciation concrète fondée sur le rapport du mandataire. Cette jurisprudence renforce la sécurité juridique des procédures collectives en stabilisant les critères d’appréciation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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