Tribunal de commerce de Rouen, le 7 octobre 2025, n°2025011820

Le Tribunal de commerce de Rouen, statuant le 7 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société, dépourvue de salariés et d’actif disponible, a cessé son activité commerciale en ligne. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de redressement et retient la date de cessation des paiements au 10 septembre 2025.

Les critères objectifs de la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie d’abord les conditions légales d’application du régime. Il relève l’absence d’emploi salarié et un chiffre d’affaires inférieur au seuil réglementaire. Ces éléments factuels permettent de qualifier la situation de l’entreprise concernée. La décision s’appuie strictement sur les textes définissant ce cadre procédural allégé.

« Les conditions définies par les articles L. 641-2 alinéa 1 er et D. 641-10 alinéa 1 er du code de commerce se trouvent réunies » (Motifs). Le tribunal applique ainsi une grille de lecture objective et cumulative. Cette approche rejoint celle d’autres juridictions consulaires confrontées à des situations similaires. « ATTENDU qu’il convient également d’appliquer les critères de la liquidation judiciaire simplifiée » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 16 juin 2025, n°2025007015). La portée de ce point est de garantir une application uniforme et prévisible des critères légaux.

L’appréciation de l’impossibilité de redressement

Le juge procède ensuite à l’examen de la possibilité de redressement de l’entreprise. Il constate l’effondrement du chiffre d’affaires suite à la défaillance d’un fournisseur essentiel. L’actif disponible est nul et le passif exigible important, ce qui scelle le sort de la procédure. La cessation d’activité est actée avant même le jugement d’ouverture.

« Le redressement de l’entreprise étant manifestement impossible au cas d’espèce » (Motifs). Cette affirmation découle d’une analyse concrète de la situation économique. Le tribunal ne se contente pas du constat de la cessation des paiements. Il recherche les perspectives de poursuite d’activité, conformément à l’esprit du droit des entreprises en difficulté. La valeur de cette appréciation est de lier le choix de la procédure à une réalité économique incontestable.

La mise en œuvre d’une liquidation accélérée

La décision organise enfin les modalités pratiques de la liquidation simplifiée. Elle réduit les missions du liquidateur à la vérification des créances privilégiées. Un délai de cinq mois est imparti pour cette tâche, avec une audience de clôture fixée à six mois. Le tribunal désigne également un mandataire judiciaire spécifique pour l’inventaire des biens.

Ces mesures traduisent la volonté d’une procédure rapide et à coût maîtrisé. La nomination d’un commissaire-priseur pour l’inventaire respecte les formalités légales impératives. La fixation d’un délai court pour la clôture incite à une réalisation active de l’actif. La portée opérationnelle est significative pour les créanciers et les mandataires de justice. Elle définit un cadre procédural rigoureux mais expéditif, adapté à la simplicité du dossier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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