Tribunal de commerce de Nice, le 2 octobre 2025, n°2025RG02814

Le Tribunal de commerce de Nice, statuant le 2 octobre 2025, ouvre un redressement judiciaire à l’encontre d’une société de bâtiment. La décision constate l’état de cessation des paiements après audition du gérant et examen des pièces. Elle désigne les organes de la procédure et fixe notamment une date de cessation des paiements provisoire au 1er octobre 2024. Le jugement applique strictement les conditions légales de l’ouverture d’une telle procédure collective.

La qualification de l’état de cessation des paiements

La condition légale est caractérisée par une impossibilité avérée. Le tribunal relève que la débitrice se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette constatation fonde légalement l’ouverture de la procédure de redressement judiciaire conformément à l’article L 631-1 du Code de commerce. La décision s’appuie sur les explications du représentant légal et les pièces versées aux débats.

La fixation d’une date provisoire est une mesure d’administration judiciaire. Le jugement fixe provisoirement au 1 er octobre 2024 la date de cessation des paiements. Cette date, antérieure au jugement, délimitera la période suspecte et impactera le sort des créances. Elle reste sujette à révision ultérieure par le juge commissaire si des éléments nouveaux apparaissent durant la période d’observation.

Les modalités pratiques de l’ouverture de la procédure

La désignation des organes de la procédure assure son bon déroulement. Le tribunal désigne un juge commissaire, un administrateur pour assister le débiteur et un mandataire judiciaire. Il nomme également un commissaire-priseur pour inventorier le patrimoine conformément à l’article L 622-6 du Code de commerce. Ces nominations sont essentielles pour protéger les intérêts de l’ensemble des parties concernées.

Le calendrier procédural est défini avec précision par la juridiction. La fin de la période d’observation est fixée au 2 avril 2026 et une audience est prévue le 3 décembre 2025. Le mandataire judiciaire devra déposer la liste des créances dans les 12 mois après le terme du délai de déclaration. Ce cadre temporel strict sécurise la procédure et garantit son efficacité pour tous les créanciers.

La portée de cette décision réside dans son application rigoureuse des textes. Elle illustre le contrôle judiciaire du caractère suffisant des éléments justifiant l’état de cessation des paiements. La fixation d’une date provisoire rappelle la jurisprudence constante sur ce point, comme le souligne un arrêt précisant que « cette dernière date sera en conséquence retenue comme étant la date de cessation des paiements » (Cour d’appel de Montpellier, le 20 mai 2025, n°24/06212). Cette mesure préserve les droits des créanciers tout en permettant une adaptation future.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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