Tribunal de commerce de Marseille, le 7 octobre 2025, n°2025F00928

Le Tribunal des activités économiques de Marseille, le 7 octobre 2025, statue sur un litige opposant une caisse paritaire à l’une de ses entreprises adhérentes. L’institution réclamait le paiement de cotisations impayées et la production de déclarations de salaires. La juridiction fait droit aux demandes principales de la caisse et rejette le surplus. Elle condamne l’entreprise débitrice au paiement des sommes dues et à une astreinte.

La force obligatoire du règlement intérieur de la caisse

La décision consacre l’autorité du règlement intérieur de l’organisme collecteur. Le tribunal fonde sa conviction sur l’examen des documents contractuels et du règlement. Il relève que ce dernier prévoit expressément une sanction pour retard de paiement. « le règlement intérieur de la CAISSE DES CONGES INTEMPERIES BTP REGION MEDITERRANEE prévoyant en son article 6 le paiement d’une majoration de retard en cas de défaut ou de retard de paiement des cotisations, révèle que les demandes de la CAISSE DES CONGES INTEMPERIES BTP – REGION MEDITERRANEE sont fondées en leur principe » (SUR QUOI). La portée de cette analyse est significative pour le droit des institutions paritaires. Elle confirme que les clauses du règlement intérieur s’imposent aux adhérents dès leur acceptation. Cette solution rejoint une jurisprudence constante sur le sujet. « L’article 6 du règlement intérieur de CIBTP prévoit que « tout défaut dans le paiement des cotisations congés et chômage intempéries dans les délais prescrits expose l’adhérent défaillant au paiement d’une majoration par mois de retard et sans limitation dans le temps, calculée sur la base du montant restant dû par l’entreprise. […] La majoration de retard court à compter de la date d’exigibilité des cotisations sans mise en demeure préalable. ». » (Tribunal de commerce de Paris, le 12 février 2025, n°2024013326). La valeur de ce point réside dans la sécurité juridique qu’il offre aux caisses paritaires. Leur pouvoir de contrainte est ainsi renforcé par la force obligatoire de leur règlement.

Les modalités de l’exécution forcée et des frais de procédure

Le jugement détaille avec précision les mesures destinées à assurer l’exécution de la condamnation. Il ordonne d’abord la production des déclarations de salaires sous astreinte provisoire. Cette injonction est assortie d’une pénalité financière quotidienne en cas d’inexécution. Le tribunal condamne ensuite au paiement du principal des cotisations et des intérêts de retard. Il précise que ces intérêts courent de la date d’exigibilité de chaque cotisation. La décision accorde également une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile. « il échet d’allouer à la CAISSE DES CONGES INTEMPERIES BTP – REGION MEDITERRANEE la somme de 457,35 € au titre des frais irrépétibles » (SUR QUOI). La sens de cette condamnation est d’indemniser partiellement la partie gagnante de ses frais non compris dans les dépens. Enfin, le jugement est déclaré exécutoire à titre provisoire malgré l’appel possible. La portée de ces mesures cumulées est pratique et dissuasive. Elles visent à garantir une exécution effective et rapide des obligations de l’entreprise. La valeur de ce dispositif réside dans l’efficacité qu’il confère à la décision de justice. Il évite ainsi que les procédures de recouvrement ne soient privées de toute effectivité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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