Tribunal de commerce de Lille-Métropole, le 6 octobre 2025, n°2025018652

Le tribunal de commerce de Lille-Métropole, statuant le 6 octobre 2025, ouvre une procédure de liquidation judiciaire à l’encontre d’un commerçant défaillant. Saisi par un organisme social créancier pour une dette impayée, le tribunal constate l’état de cessation des paiements du débiteur. Il retient l’impossibilité manifeste de redressement et fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 31 décembre 2024.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal apprécie la cessation des paiements au moment où il statue. Il constate que le débiteur ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette approche confirme le caractère instantané de l’appréciation de cet état. La situation financière est évaluée à la date du jugement et non à une date antérieure présumée.

La fixation de la date de cessation des paiements revêt une importance pratique cruciale. Le tribunal fixe provisoirement cette date au 31 décembre 2024. Cette décision intervient en l’absence d’éléments probants permettant une datation plus précise. Elle illustre le pouvoir souverain des juges du fond en cette matière.

Les conséquences de l’impossibilité manifeste de redressement

L’ouverture de la liquidation judiciaire est directement liée à l’absence de perspectives. Le tribunal relève l’impossibilité manifeste du redressement judiciaire du débiteur. Cette constatation permet de passer directement à la liquidation des biens. Elle évite ainsi la mise en place d’une période d’observation inutile.

La décision s’inscrit en faux contre les situations où un redressement reste possible. « En définitive, la société Print Pari.s justifie d’un actif disponible de 10.406,44 euros (10.212 +194,44 euros) qui lui permet de faire face à son passif exigible d’un montant de 10.212 euros. En conséquence, l’état de cessation des paiements, au jour où la cour statue, n’est pas caractérisé. » (Cour d’appel de Paris, le 11 juillet 2023, n°23/05420) Ici, le constat inverse s’impose et justifie la liquidation.

La portée de cette décision renforce la sécurité juridique des créanciers. Elle permet une liquidation rapide lorsque toute perspective de continuation disparaît. Le tribunal applique strictement les conditions légales de l’article L. 640-1 du code de commerce. Cette rigueur préserve les intérêts de l’ensemble des parties concernées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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