Tribunal de commerce de La Roche, le 8 octobre 2025, n°2023004851

Le Tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon, le 8 octobre 2025, statue sur la clôture d’une liquidation judiciaire ouverte en 2023. Constatant l’inachèvement des opérations, il rejette la clôture et proroge la procédure pour douze mois. La décision illustre les modalités de prolongation d’une liquidation en l’absence d’actif suffisant.

Les conditions légales de la prorogation

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité de clore la procédure. Les opérations de liquidation ne sont pas achevées à la date prévue initialement. Cette situation empêche le prononcé de la clôture en l’état des dossiers. Le juge applique strictement le cadre légal prévu à cet effet.

L’article L. 643-9 du code de commerce constitue le fondement juridique principal. Il autorise le juge à proroger le terme fixé pour la clôture. La décision doit être spécialement motivée par les circonstances de l’espèce. « Si la clôture ne peut être prononcée au terme de ce délai, le tribunal peut proroger le terme par une décision motivée. » (Tribunal de commerce, le 2 juin 2025, n°2025004061)

La motivation réside ici dans l’inachèvement des opérations de liquidation. Le tribunal s’appuie sur les rapports du liquidateur et du juge-commissaire. Il constate ainsi l’impossibilité pratique de clore la procédure. Cette appréciation souveraine guide légalement le pouvoir d’appréciation du juge.

Les effets procéduraux de la décision

Le jugement ordonne une prorogation de douze mois de la procédure. Il fixe également une audience de réexamen de la clôture à une date précise. Cette mesure permet de contrôler ultérieurement l’évolution de la situation. Elle assure une continuité dans le traitement du dossier.

La décision est présentée comme une mesure d’administration judiciaire. Elle est dès lors non susceptible de recours immédiat. Ce caractère vise à garantir la célérité et l’efficacité de la procédure collective. Il évite les délais supplémentaires préjudiciables aux créanciers.

La solution rappelle que la clôture n’intervient qu’après achèvement des opérations. « Lorsque la poursuite des opérations de liquidation judiciaire est rendue impossible en raison de l’insuffisance de l’actif. » (Cour d’appel de Toulouse, le 1 avril 2025, n°24/00950) L’insuffisance d’actif peut justifier une clôture, mais pas une prorogation indéfinie. Le tribunal organise ici un sursis pour finaliser la liquidation.

Cette décision confirme la souplesse procédurale encadrant la liquidation judiciaire. Elle permet d’adapter les délais aux réalités complexes du dossier. Le juge conserve un pouvoir d’appréciation pour garantir une liquidation effective. La protection des intérêts en présence guide toujours son office.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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