Tribunal de commerce de Douai, le 7 octobre 2025, n°2025003217

Le Tribunal de commerce de Douai, statuant le 7 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée immédiate. La procédure fait suite à une déclaration de cessation des paiements effectuée par le représentant d’une société. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et l’éligibilité au régime simplifié. Il en prononce l’ouverture et nomme les organes de la procédure, fixant la date de cessation au 15 février 2025.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La constatation d’une impossibilité de faire face au passif exigible

Le tribunal retient l’état de cessation des paiements après examen des pièces. Il note que l’entreprise est dans l’impossibilité de faire face à son passif échu. « l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif échu et exigible qui s’élève à 7 435 euros avec son actif disponible non identifié » (Motifs). Cette formulation rappelle la définition légale de la cessation des paiements. Elle est conforme à la jurisprudence qui exige l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. « telle est la situation financière actuelle de la société susvisée qui se trouve hors d’état de faire face à un passif exigible avec son actif disponible » (Tribunal de commerce de commerce de Saint-Denis de La Réunion, le 26 janvier 2026, n°2025F02419). La décision ancre ainsi le prononcé dans une appréciation concrète de la situation financière.

La déclaration régulière et le caractère manifeste de la situation

La régularité de la déclaration est établie par le tribunal. Elle a été effectuée par un mandataire spécialement désigné par ordonnance. Le tribunal souligne également le caractère manifeste de l’état de cessation. « elle se trouve manifestement en état de cessation des paiements » (Motifs). Cette mention confirme l’évidence de la situation au vu des éléments produits. Elle justifie l’absence de débat approfondi sur ce point. La procédure peut ainsi se concentrer sur les modalités de traitement de l’insolvabilité constatée.

Les conditions d’application du régime de liquidation simplifiée

Le respect des critères légaux pour la procédure simplifiée

Le tribunal vérifie le respect des seuils prévus par le code de commerce. Il relève l’absence de bien immobilier et le faible chiffre d’affaires. « le nombre de ses salariés et le montant de son chiffre d’affaires H.T. sont inferieurs aux seuils prévus aux articles L641-2 & D 641-10 du Code de Commerce » (Motifs). Ce contrôle est essentiel pour l’application du régime dérogatoire. La décision suit en cela la jurisprudence qui exige la réunion des conditions légales. « ATTENDU qu’il appert des pièces produites que les conditions mises par les articles L.641-2 et suivants, D.641-10 du code de commerce sont réunies » (Tribunal de commerce de commerce de Valenciennes, le 9 juillet 2025, n°2025003524). Le jugement assure ainsi une application stricte des textes.

L’ouverture immédiate et l’organisation de la procédure

Le tribunal prononce une liquidation judiciaire simplifiée immédiate. Il nomme sans délai un juge-commissaire et un liquidateur. Les missions de ce dernier sont précisées avec des délais stricts. Le tribunal fixe également un délai pour l’examen de la clôture. Cette célérité est caractéristique du régime simplifié. Elle vise à permettre une liquidation rapide et peu coûteuse. L’ensemble des mesures ordonnées respecte le cadre procédural légal tout en l’adaptant à la simplicité du dossier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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