Tribunal de commerce de Créteil, le 8 octobre 2025, n°2025P01289

Le tribunal de commerce de Créteil, statuant le 8 octobre 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. Une société, après la résolution de son bail et la cessation de son activité, se trouve en état de cessation des paiements. Le tribunal constate l’impossibilité manifeste de redressement et applique la procédure simplifiée en raison des caractéristiques de l’entreprise.

La qualification de l’état de cessation des paiements

Le tribunal vérifie d’abord les conditions d’ouverture de la procédure collective. Il constate que le débiteur n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Le passif exigible connu est estimé à 43.541,00€ pour un actif disponible apparemment nul. Cette situation correspond à la définition légale de la cessation des paiements. « Selon l’article L631-1 du code de commerce est en cessation des paiements le débiteur qui ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 14 mai 2024, n°23/16221). Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation au 1er mars 2025, retenant le début des impayés.

La détermination de la procédure applicable

Le juge examine ensuite le régime de liquidation le plus adapté. Il relève l’absence de bien immobilier dans l’actif et l’inexistence de tout espoir de redressement. Le tribunal constate en chambre du conseil que l’actif de débiteur ne comprend pas de bien immobilier. Ces éléments justifient le recours à la liquidation judiciaire simplifiée. Cette procédure accélérée est réservée aux cas où l’actif est dépourvu de complexité. « Attendu qu’en application des articles L.641-2 et D.641-10 du Code de Commerce, il peut être fait application de la procédure simplifiée, si l’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier » (Tribunal de commerce de commerce d’Évreux, le 10 juillet 2025, n°2025L00280). Le tribunal impose un délai d’un an pour la clôture.

La portée de la fixation de la date de cessation

La détermination de la date de cessation des paiements a une importance cruciale. Le tribunal retient une date antérieure à la déclaration, fondée sur le début des impayés significatifs. Cette fixation provisoire influence la période suspecte et la validité des actes passés. Elle protège ainsi l’ensemble des créanciers contre les manœuvres préjudiciables. La méthode du juge, qui s’appuie sur des indices précis comme les cotisations sociales impayées, assure la sécurité juridique. Cette approche garantit une application cohérente du droit des procédures collectives.

La signification du choix de la procédure simplifiée

L’application de la liquidation simplifiée traduit une volonté d’efficacité et de célérité. Elle est rendue obligatoire par la loi lorsque les conditions objectives sont réunies. Le tribunal confirme ainsi la nature purement administrative de la liquidation à venir. Ce régime permet une réalisation rapide des actifs et une clôture dans des délais contraints. Il s’agit d’adapter les moyens procéduraux à la simplicité du dossier. Cette décision illustre la recherche d’une bonne administration de la justice en matière économique.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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